Pourquoi Compaq mise sur le marché algérien

Après IBM, un second géant mondial de la construction d’ordinateurs crée sa filiale en Algérie. Une annonce qui intervient alors que les marchés occidentaux donnent des signes de saturation.

Le géant industriel américain Compaq créera en octobre une filiale de commercialisation de droit algérien baptisée Southcomp-DSA Algérie. Le numéro un mondial des ordinateurs personnels compte ainsi augmenter notablement son chiffre d’affaires africain, qui s’est établi en 1999 à 225 millions de dollars US. Selon le constructeur, le potentiel commercial de l’Algérie pour ses produits ne serait égalé, sur le continent, que par ceux du Nigeria et de la Côte d’Ivoire.

Livrée de source officielle par le Quotidien d’Oran dans son édition du 29 septembre, l’information n’a pas encore été donnée directement la division MEMA (pour Middle East, Mediterranean and Africa) de Compaq. On sait par ailleurs que la firme s’est adjoint le partenariat du constructeur de logiciels Microsoft dans cette opération algérienne. L’investissement sera limité à la mise en place d’un réseau de distribution, qui commercialisera en Algérie une gamme équivalente à celle vendue en Europe. Comme IBM qui l’a précédé sur place, Compaq espère capter une part du renouvellement du parc informatique algérien.

En Algérie, on espère que l’intérêt nouveau suscité par le pays permettra d’améliorer la structure du marché de l’importation de matériel informatique. Celle-ci pâtit pour l’instant de la faiblesse des réseaux d’importateurs non spécialisés, avec des conséquences importantes sur la qualité du service apporté aux clients.

Nouveaux débouchés

L’annonce faite à Alger coïncide avec une période de remous pour les leaders américains de l’informatique grand public. Vendredi 29 septembre, l’action Apple a perdu près de 50 % de sa valeur à la Bourse de New York. Pendant la semaine, d’autres alertes sérieuses avaient notamment touché Intel, premier fabricant mondial de processeurs. Le fabricant d’imprimantes Lexmark, qui souffre en Europe, et SCI Systems, l’un des principaux constructeurs d’ordinateurs sous licence, ont envoyé d’autres signaux d’essoufflement du marché en Europe et aux Etats-Unis. Enfin et de façon tout à fait inattendue, le propre patron de Compaq, Ben Rosen, a démissionné vendredi après dix-huit ans de présidence de la compagnie.

La croissance du secteur des PC a-t-elle rencontré un mur ? C’est en tous cas la question que se posent de nombreux analystes à Wall Street. Dans un tel contexte, la recherche de nouveaux débouchés dans les pays en développement, moins immédiatement rentable, pourrait s’avérer un axe stratégique d’avenir pour les constructeurs de matériel. Compaq ferait alors figure de précurseur de par sa nouvelle implantation maghrébine.