Pour une Afrique numérique

Pourquoi parle-t-on de fossé numérique entre l’Afrique et les pays du Nord ? Que peut apporter Internet au continent ? Quelles solutions pour développer les NTIC ? Pour une vision globale et une approche critique du phénomène, il existe enfin une référence. L’Internet, son Web et son e-mail en Afrique. A lire avant de cliquer.

Parce que tout le monde ne connaît pas les subtilités du jargon Internet, L’Internet, son Web et son e-mail en Afrique commence par la base. Un petit lexique simple et précis. Où l’on apprend, au passage, que l’aventure numérique africaine commence à Dakar en 1989. Que 700 000 Africains disposent d’une boîte mail. Mais que seulement 29% d’entre eux ont déjà surfé sur le Web. Des chiffres fiables, des tableaux clairs et un style limpide. Raphaël Ntambue Tshimbulu sait qu’il est attendu au tournant. La première anthologie critique du Web africain en langue française vient de sortir, et il en est l’auteur.

Le cercle vicieux du Net africain

Le fossé numérique est mesurable dès les premières pages. 1,14 million d’internautes sur le continent, c’est peu, comparé à la population totale. L’information générée en Afrique est pauvre, quantitativement et qualitativement. Enfin, le nombre de sites et d’hébergeurs est minime. Pourquoi ? Tshimbulu, avec une rigueur toute universitaire, fait le tour de la question. Manque de moyens, législation inadaptée, réseau téléphonique défaillant, tous les critères sont passés au crible. Point saillant : le manque d’implication des structures étatiques. Mais comment sortir du cercle vicieux qui consiste à dire qu’Internet coûte cher à développer en Afrique parce que l’Afrique manque de moyen ? Qu’Internet pourrait combler le sous-développement africain si l’Afrique pouvait développer Internet ?

Du virtuel au concret

L’Internet, son Web et son e-mail en Afrique ouvre des pistes. Coûts minimes, rendement assuré. Avec toujours à l’esprit l’écueil à éviter : faire du réseau mondial un piège culturel et économique pour le continent délaissé. Si le Web ne peut pas être la panacée qui sauvera l’Afrique du sida ou de la subordination économique, il peut y aider. Le tout est de savoir comment s’en servir. Avec courage et réalisme, Tshimbulu avance des projets pour un Internet africain.

Ses recettes n’ont rien de miraculeux. Pour une  » appropriation-participation  » du Net par les Africains, l’auteur prône la formation, la sensibilisation et la stimulation aux outils du Web. Il cite des exemples de mise en pratique, fait le bilan des tentatives réussies de greffes numériques. Son mot d’ordre :  » dédramatiser « . A l’envers des idées reçues, Tshimbulu ose affirmer qu’investir dans les NTIC en Afrique ne signifie pas courir à la catastrophe. Mais pour réussir, il faut savoir se mettre à l’écoute des premiers concernés.  » Il s’agit ici de définir le besoin africain de l’Internet dans le contexte local « . Une phrase pleine de bon sens qui ramène le virtuel au concret.

Commander le livre : Raphaël Ntambue Tshimbulu, L’Internet, son Web et son e-mail en Afrique – Approche critique, L’Harmattan, coll. Etudes africaines, Paris, 2001.