Pour un vignoble d’exportation

Le ministère algérien de l’Agriculture a fini par prendre la décision qui s’imposait, celle d’orienter l’encépagement du vignoble vers des variétés qui correspondent aux besoins d’exportation. Une décision sans laquelle sa volontariste politique de réhabilitation de la viticulture allait se traduire par un innommable gâchis.

En effet, les objectifs visés à travers la politique de réhabilitation de la vigne de cuve étaient en passe d’être compromis par le déséquilibre constaté dans l’encépagement, un déséquilibre né de la tendance marquée chez les agriculteurs à replanter de préférence le Cinsaut et le Mersegherra. Ces deux variétés choisies au moment du greffage des plants ne correspondent pas au besoin de production de vins de qualité, des vins avec lesquels l’Algérie ambitionne d’arracher des parts d’un marché international très fermé. En effet, produire un vin comme on le fait en notre pays, un vin de coupage, c’est respecter à la base des normes pour le composer, puisqu’il y a un raisin pour la couleur, un pour la finesse, un pour le bouquet, un autre pour le volume… chacun contribuant à sa qualité.

Cépage et coupage

Mais il n’y a pas que les vins de coupage, il y a aussi les vins de cépage qui s’imposent de plus en plus selon une nouvelle tendance, concurrençant les vins de coupage, d’où d’ailleurs les méventes que subissent les vins français. Ainsi, à la veille de la période de greffage, le ministère a-t-il judicieusement introduit une nouvelle condition d’éligibilité des agriculteurs à la subvention du FNDA. Il est de la sorte exigé de tout candidat à la subvention de ne greffer ses plants racinés qu’avec des cépages recommandés par l’Institut technique de l’arboriculture fruitière (ITAF), des cépages tels le Carignon, le Grenache, le Mourvetta, l’Alicante Bouchet, le Cabernet sauvignon et le Pinot noir.

Que le vin coule à flots !

De cette manière est réhabilitée la réglementation en matière de respect du cadastre viticole, une réglementation tombée en désuétude depuis plus de deux décennies. A noter que pour l’achat d’un plant raciné, l’Etat accorde 35 DA (dinars algérien) aux agriculteurs, sachant qu’un hectare doit être couvert par 2400 à 3000 plants. Pour ce qui est de l’opération de greffage, la subvention, qui est de 25 DA par plant, n’est accordée que lorsqu’il s’agit de vigne de cuve. Signalons enfin, que si l’aide pour le défoncement demeure au même niveau, soit 20 000 DA/ha, pour ce qui est de l’engrais, elle est tombée de 20 000 DA/ha à 10 000 DA. Cette dernière subvention doit être, selon les spécialistes, accordée en fonction des besoins en engraissement du sol.

Pour mémoire, rappelons que concernant la viticulture, le PNDA prévoit à l’horizon 2004 que le pays dispose de 120 000 ha de vignoble, soit le tiers de ce qui existait en 1962. L’objectif est de faire passer l’actuelle consommation de 6 à 7 kg par habitant et par an à 15 kg, c’est-à-dire qu’elle atteigne la moyenne existant sur le pourtour méditerranéen. L’objectif est également de parvenir à produire 1 million d’hectolitres de vin dont 800 000 destinés à l’exportation.

M Kali