Pour un tourisme éléphantesque

Le plus grand parc naturel du monde ouvre ses portes à la frontière entre l’Afrique du Sud, le Mozambique et le Zimbabwe. Les chefs d’Etat des trois pays ont signé, lundi, l’accord définitif sur le Great Limpopo Transfrontier Park. Au-delà des divergences politiques, la manne de l’écotourisme devient un élément fédérateur dans la sous région.

Le plus grand parc naturel au monde ouvre ses portes. Ce lundi, Thabo Mbeki, Joachim Chissano et Robert Mugabe, respectivement présidents d’Afrique du Sud, du Mozambique et du Zimbabwe, se sont réunis pour sceller l’accord définitif sur le Great Limpopo Transfrontier Park. A la frontière entre les trois pays, cette réserve s’étend sur 35 000 kilomètres carrés. Elle réunit trois parcs nationaux déjà existants, dont le formidable Kruger Park qui fait déjà la fierté du tourisme sud-africain avec plus d’un million de visiteurs par an. L’attrait des deux autres parcs – le Limpopo National Park au Mozambique et le parc de Gonarezhou au Zimbabwe – bien que de moindre importance, devrait participer à l’explosion du tourisme dans la région.

En Afrique du Sud, l’industrie touristique a connu une année exceptionnelle. Valii Moosa, ministre du Tourisme et de l’Environnement, a fait état d’une augmentation de 13,9% du nombre de touristes étrangers sur les neuf premiers mois de 2002 par rapport à 2001. Aux yeux de certains, la signature officielle de l’accord sur le Great Limpopo Transfrontier Park apparaît cependant précipitée du fait des parcs du Mozambique et du Zimbabwe qui sont loin de connaître le même succès. La mauvaise image à l’international de ce dernier pays pourrait peser sur les profits de la nouvelle réserve naturelle. La signature de lundi a rassuré les homologues de Valii Moosa, et a montré au monde que les trois pays faisaient front ensemble pour assurer stabilité et générer des profits dans la sous région.

Une signature précipitée

Ce projet démesuré démarre donc sur les chapeaux de roues. Pour le moment, aucune infrastructure n’est en place et les touristes ne peuvent se déplacer qu’en 4X4 dans la réserve puisqu’il n’y a même pas de routes. Mais l’heure est au passage à l’action. « Ce qui est important pour nos trois pays est d’établir une direction commune pour mettre en place l’activité du parc au jour le jour. Nous allons aussi discuter des stratégies marketing à développer et de la meilleure façon de faire bénéficier du projet les communautés vivant sur place. La création du Great Limpopo Park devrait permettre de créer une économie touristique très importante », a déclaré Valii Moosa. C’est également ce qu’espèrent les 25 000 personnes qui habitent sur ce territoire. Des compensations financières auraient été prévues pour ceux que le changement de statut du parc dérangerait. Sans plus de précisions.

Malgré ces zones d’ombre, l’Afrique du Sud a sans doute raison de jouer à fond la carte de l’écotourisme. Plusieurs institutions ou firmes privées ont tenu à s’associer, pour plus de 100 000 rands, à ce projet initié en 2000 par Nelson Mandela. Dans la liste, on trouve des noms aussi variés que Daimler Chrysler, la Banque mondiale ou Avis, ainsi que nombre d’ONG environnementales. Les plus gros investissements réalisés pour l’instant concernent la délocalisation d’éléphants sud-africains au Mozambique. D’ici un an, c’est plus de 1 000 pachydermes qui devraient être transportés d’un côté de la frontière à l’autre, pour un coût de 20 millions de rands. Mais lorsqu’ils évolueront dans leur nouvel habitat, sous les yeux émerveillés des touristes, ces animaux pourraient rapporter bien plus que leur poids en rands.

Voir le site du parc.