Pour ou contre « La guerre de civilisation » prônée par Manuel Valls ?

« Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation », avait déclaré dimanche le Premier ministre français Manuel Valls après l’attentat en Isère. Depuis, les réactions se multiplient par rapport à cette déclaration.

La polémique enfle et les réactions se multiplient après la déclaration du Premier ministre Manuel Valls, dimanche, suite à l’attentat en Isère. Interrogé par nos confrères d’Europe 1, du Monde et de iTélé à l’occasion de l’émission « Le Grand Rendez-vous », il déclare : « Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons ».

« (Cette) « bataille » (se situe) aussi, et c’est très important de le dire, au sein de l’islam. Entre d’un côté un islam aux valeurs humanistes, universelles et de l’autre un islamisme obscurantiste et totalitaire qui veut imposer sa vision à la société », avait précisé le Premier ministre français. Ce qui n’a pas empêché de nombreux hommes politiques français de réagir à cette déclaration.

L’opposition approuve

L’opposition s’est ainsi félicitée de l’expression utilisée, notamment le député des Républicains, Eric Ciotti, sur Twitter :

Le porte-parole du même parti, Sébastien Huyghe, est allé dans le même sens, sur Twitter encore :

Le Front national (FN) a aussi approuvé les termes utilisés par Manuel Valls, notamment Aymeric Chauprade, un des conseillers de la présidente du parti de Marine Le Pen, sur les questions internationales :

« Islamo-fascisme »

Le vice-président du FN, Floriant Philippot, a comparé les déclarations de Manuel Valls aux vocabulaires de l’ancien Président américain Georges W. Bush. « Que la civilisation française, dans ses grandes valeurs, soit mise à mal, c’est une évidence. Si Manuel Valls parle de choc des civilisations, non. Ça, c’est la rhétorique qui a autorisé la guerre en Irak, celle de George Bush, une catastrophe », a-t-il indiqué.

Dans le camp socialiste a défendu le Premier ministre, notamment le secrétaire général du parti, Jean-Christophe Cambadélis. « Nous voulons la coexistence pacifique des civilisations », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Intérieur a tenté d’éteindre cette énième polémique en déclarant que « ce n’est pas une guerre de civilisations au pluriel. C’est une guerre entre la civilisation humaine et la barbarie. Cette guerre sera gagnée ».

Manuel Valls avait déjà fait réagir en reprenant la formule d’« islamo-fascisme », peut de temps après les attentats de Charlie Hebdo. Juste après l’attentat dans l’Isère, vendredi, il avait immédiatement montré du doigt le « terrorisme islamiste ».