Port obligatoire de masque et violences policières au Bénin

Une vidéo montrant un policier en train de rouer de coups un taxi moto et sa cliente qui n’avait pas porté de masque de protection, a suscité l’indignation de la haute hiérarchie policière qui a décidé de sanctionner l’acte.

Depuis la découverte de 10 nouveaux cas portant à 64 le nombre total de personnes contaminées au Coronavirus au Bénin, la mesure du port obligatoire du masque qui concernait seulement les 15 communes du cordon sanitaire s’est étendue à tout le pays, depuis le 28 avril 2020. Le communiqué de la direction générale de la police républicaine annonçant la décision indiquait aussi que les personnels des forces de défense et de sécurité étaient instruits pour réprimer tout contrevenant, quel que soit son moyen de locomotion.

C’est peut-être gonflés par ce communiqué que certains agents de la police se sont crus investis de la mission de bastonner leurs concitoyens qu’ils surprendraient dans la rue sans le masque, au mépris total des droits de ces derniers et des règles déontologiques de leur propre profession. L’une de ces scènes de violences policières filmée, a fait le tour des réseaux sociaux suscitant l’indignation des populations. La vidéo amateur montre un policier en uniforme matraquant un taxi moto communément appelé « zem » et sa cliente qui, visiblement n’avait pas porté son masque de protection.

Ces actes répréhensibles ont provoqué la réaction immédiate du directeur général de la police républicaine, Soumaïla Yaya, qui a sorti un communiqué dont nous vous livrons ici la substance.
« Depuis hier (mercredi 29 avril, ndlr) circule sur la toile une vidéo tristement célèbre. C’est assez indigne et écœurant de voir des fonctionnaires de la Police républicaine dans cette posture. Ces fonctionnaires de police n’ont pas le droit de porter des coups aux citoyens. Ces agents en uniformes, déjà identifiés, auteurs de cette inadmissible violence, seront punis avec la dernière rigueur ».
Quelques heures après la diffusion de ce communiqué, nous avons appris, dans la soirée du 30 avril que les policiers fautifs ont été effectivement sanctionnés, sans toutefois des détails sur la nature de cette sanction.