Port du niqab : un homme d’affaires règle les contraventions

Un homme d’affaires français, Rachid Nekkaz, s’oppose à l’interdiction du port du niqab et de la burqa dans les lieux publics. Pour marquer son désaccord, il a décidé de financer toutes contraventions pouvant être infligées aux femmes portant le voile intégrale en France et en Belgique. Mercredi, M. Nekkaz a, pour la première fois, payé les amendes de trois femmes portant le niqab à Bruxelles et à Roubaix.

Né le 9 janvier 1972 à Villeneuve-Saint-Georges, en région parisienne, Rachid Nekkaz, homme d’affaires et porte-parole de l’association « Touche pas à ma Constitution », volent au secours des femmes voilées. Suite à la promulgation de la loi interdisant le port du niqab et de la burqa en France et en Belgique, il s’est engagé, le 23 juillet, à rembourser toutes les amendes auxquelles seraient condamnées des femmes portant le niqab ou la burqa dans la rue. Et ceci à l’aide d’un fonds d’un million d’euro alimenté par ses propres moyens. Promesses tenues, M. Nekkaz a pris en charge, mercredi, la première contravention française de 75€, ordonné par le tribunal de police, d’une femme qui portait le niqab dans les rues de Roubaix. Quelques heures avant, il s’était rendu à Bruxelles pour régler deux contraventions de deux femmes condamnées à payer 50€ chacune pour des faits similaires.

Une initiative qui suscite la polémique

En prenant en charge ces contraventions, il lui a été reproché, par la classe politique belge, de déresponsabiliser pénalement les individus mis en cause. Joint par Afrik.com, M. Nekkaz précise qu’il « continuera de financer ces contraventions tant qu’aucune modification de la loi interdisant le port du voile intégrale dans les lieux publics n’aura été décidée. » D’ailleurs, s’il venait à ce qu’une loi similaire soit votée dans un autre pays européen, il « prendrait en charge les contraventions des femmes qui continueront de porter le niqab dans ce pays. » A ce propos, l’Italie pourrait être le troisième pays européen à interdire le port du voile intégrale dans les lieux publics. Le 2 août, le projet de loi a été approuvé par une commission parlementaire italienne et son texte sera soumis au vote des parlementaires en septembre prochain. Si cette loi est approuvé, Rachid Nekkaz pourrait être amené à verser la somme de 300 à 500 euro par amende dans le cas où une musulmane venait à sortir en niqab dans les rues italiennes.

L’homme d’affaires envisage de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre les Etats belge et français pour violation des libertés fondamentales. « Tant que la Cour européenne des Droits de l’homme n’aura pas prononcé de condamnation, je continuerai à agir de la sorte, même si cela doit prendre plusieurs années », indique Rachid Nekkaz. Pourtant il n’est pas un farouche supporter du niqab. « Je suis carrément contre. Mais chacun doit être libre de porter ce qu’il a envie dans la rue sans devoir être stigmatisé. Toutefois, je suis contre le port du niqab dans les lieux publics fermés », déclare-t-il.

« Je suis candidat à la présidentielle de 2012 … »

Rachid Nekkaz a la ferme intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. Le parti socialiste ayant refusé de le parrainer, il présentera sa candidature en tant qu’indépendant. Déjà en 2007, M. Nekkaz avait annoncé sa candidature à la présidentielle. Toutefois, il n’était pas parvenu à recueillir la totalité des 500 signatures des maires prévues par la loi pour se présenter aux scrutins. « Je suis conscient que je rencontrerai de nouveaux obstacles qui m’empêcheront d’atteindre le nombre suffisant de parrainages. C’est pour cette raison que rendre le parrainage anonyme est l’un de mes combats en plus de vouloir faire modifier la loi contre le niqab », conclut l’homme d’affaires.