Popobawa, le démon de Zanzibar

Panique à Zanzibar, Popobawa serait de retour. Un nom qui cristallise toutes les craintes. Un fantôme, mi-homme mi-démon, qui abuse sexuellement de ses victimes, essentiellement masculines, pendant leur sommeil… Les habitants de l’archipel ne dorment plus que d’un oeil.

Les Zanzibarites ne dorment plus tranquilles. La crainte s’est emparée de l’archipel depuis la rumeur du retour de Popobawa. Un sombre esprit frappeur aux exactions sodomites qui viole ses victimes la nuit pendant leur sommeil. Avec une préférence marquée pour les hommes. L’affaire est on ne peut plus prise au sérieux par la population.

Etrange. Popobawa, qui est apparu pour la première fois sur l’île en 1972, ne se manifeste d’ordinaire qu’en période électorale. Comme ce fut le cas en 1995 et en 2000. Or aujourd’hui, le chemin des urnes est encore loin. Surprise mais surtout panique.

Un nain cyclope avec des ailes de chauve-souris

 » Je ne pouvais pas croire que ce genre de choses étaient en train de m’arriver. J’avais des hurlements muets (…) C’était comme dans un rêve mais j’ai réalisé que c’était ce Popobawa et qu’il était venu pour me faire quelque chose de terrible. Quelque chose de sexuel. C’est pire que ce qu’il fait aux femmes « , témoignait Mjaka Hamad, au quotidien  » The Guardian « , en 1995 après sa rencontre avec le fantôme satyre. Le paysan qui déclarait ne pas croire aux esprits est depuis plongé dans le doute.

 » Je ne pouvais pas le voir mais j’ai pu le sentir « , affirmait Mjaka Hamad. Et heureusement. Car le traumatisme n’en aurait été que plus grand. La créature est loin d’apparaître, en effet, sous les traits d’un éphèbe. En plus d’un corps de nain et de son unique oeil de cyclope, Popobawa, qui vient des mots swahilis aile et chauve-souris, est muni d’oreilles directionnelles et bien sûr d’une paire d’ailes de chauve-souris.

Ne pas dormir seul

L’histoire d’Hamad n’est pas un cas isolé. Les victimes sont nombreuses et font toutes référence à un état de transe ou à un état onirique au moment où ils sont molestés. Il n’y aurait aucune parade possible si ce n’est d’éviter de dormir seul dans sa chambre. Popobawa peut frapper n’importe où, n’importe quand, n’importe qui. En 1995, le monstre avait obligé certains habitants de Zanzibar à fuir leur lit pour dormir en famille, pelotonnés les uns contre les autres, sur le pas de leur porte.

Popobawa caractérise, dit-on, sa présence dans une maison par une odeur âcre et une bouffée de fumée. Mais lorsque vous êtes témoins de ces signes, il est déjà trop tard. Quelqu’un a payé. Si ce n’est vous, c’est quelqu’un autre. Et tandis que vous preniez vos jambes à votre cou en remerciant le Seigneur pour sa miséricorde, une victime dans le noir sanglotera, regrettant que Popobawa ne soit pas encore mis au Prozac pour calmer sa libido destructrice.