Plusieurs morts dans des violences politiques à Jos, au Nigeria

Plusieurs personnes, dont un policier, sont mortes vendredi dans des violences ayant éclaté dans la ville de Jos, capitale de l’Etat de Plateau, dans le centre-nord du Nigeria, suite à un retard dans l’annonce des résultats d’une élection municipale locale organisée la veille, selon des témoins.

Des jeunes en colère, dont la plupart brandissaient des matraques et des machettes, se sont déchaînés à travers la municipalité de Jos-Nord, centre économique de l’Etat de Jos, allumant des feux et attaquant les bâtiments et biens privés, obligeant beaucoup de résidents à chercher refuge au niveau des commissariats de Police.

Citant le porte-parole du commandement de la Police de l’Etat de Plateau, Bala Kassim, l’agence nationale de presse du Nigeria a confirmé le décès d’un policier et d’un nombre indéterminé de civils ainsi que d’importants dégâts matéiriels.

Les autorités ont dépêché des renforts de Police depuis la ville de Kano pour aider à étouffer la violence, qui a éclaté après que des partisans du All Nigeria Peoples Party (ANPP) de l’opposition ont craint que leur candidat à la tête de la municipalité de Jos-Nord, n’ait été battu par le candidat du parti au pouvoir, le People’s Democratic Party (PDP).

Aucun résultat n’a encore été annoncé dans les 17 collectivités locales où les élections se sont tenues.

Des résidents de Jos’Nord ont raconté à la PANA au téléphone que des tirs sporadiques étaient toujours entendus à travers la ville, dont une partie est recouverte d’une épaisse fumée s’échappant des pneus brûlés.

Toutefois, selon ces derniers, le calme revenait progressivement sur Jos’Nord.

Au Nigeria, les élections débouchent souvent sur des violences, alors que les partis en lice s’accusent mutuellement de fraudes et de violences.

Les violences ethniques et religieuses survenues à Jos entre 2001 et 2004 ont fait des centaines de morts et contraint l’ex-président Olusegun Obasanjo à déclarer l’Etat d’urgence dans l’Etat de Plateau.