Pluie de capotes sur le Kenya

2 millions de Kenyans sont aujourd’hui séropositifs et 700 meurent chaque jour du sida. Pour endiguer l’épidémie, le gouvernement a passé la plus grosse commande de préservatifs jamais enregistrée. L’heureuse bénéficiaire du marché est Condomi, une compagnie allemande qui a déjà séduit le marché africain.

300 millions de préservatifs sur quatre ans, tel est le chiffre annoncé par Nairobi. Le Kenya met enfin en place un dispositif de prévention de la maladie et c’est la société allemande Condomi qui en bénéficie.  » Notre compagnie enregistre un record historique « , se félicite le porte-parole de la firme allemande. Il y a deux ans, le gouvernement kenyan avait fait mine de prendre des mesures similaires, mais son budget ne permettait pas la mise en place de mesures prophylactiques à grande échelle. Cette fois-ci, la Banque mondiale a consenti à un prêt de 100 millions de dollars pour épargner quelques vies de la pandémie meurtrière. Le plan de prévention a ainsi pu voir le jour.

Le plastique s’implante en Afrique

Ce n’est pas seulement parce que Condomi utilise une recette spéciale qui lui permet de ne pas se servir de substances animales pour la facture de ses préservatifs, qu’elle a été choisie. Ce n’est pas non plus parce qu’elle cherche à préserver la nature ou à promouvoir un erotic lifestyle, comme le proclame son site. La société est en fait bien implantée en Afrique. L’année dernière, elle a annoncé la construction d’une usine en Afrique du Sud, d’une capacité de production de 100 millions de préservatifs par jour. Depuis, les commandes pleuvent. Condomi approvisionne déjà le Burkina Faso, le Rwanda, la Guinée et la Namibie.

Mais même en de si bonnes mains, les Kenyans ne sont pas au bout de leurs peines. Comme beaucoup de ceux dont c’est le devoir, le Président Daniel Arap Moi explique volontiers qu’il se sent  » intimidé « , gêné, lorsqu’il s’agit d’expliquer l’importance de l’usage du préservatif à ceux qu’il est censé gouverner. Après avoir franchi l’obstacle économique, c’est aux barrières psychologiques qu’il faudra s’attaquer d’urgence.

Voir aussi : le site de Condomi :