Piraterie en Afrique : les Etats-Unis mobilisés

Les Département d’Etat et de la Défense américains ont tenu aujourd’hui une conférence de presse sur la sécurité maritime de l’Afrique, à Stuttgart, en Allemagne. Les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de former un partenariat avec l’Afrique afin de lutter contre la piraterie.

Les initiatives internationales, et les partenariats contre la piraterie se multiplient ces derniers temps. Après l’Union Européenne la semaine dernière, les Etats-Unis ont réaffirmé au cours d’une conférence de presse leur intention de travailler avec l’Afrique pour lutter contre ce maraudage maritime. Plusieurs officiels américains participaient à cette conférence[[L’ambassadeur Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, son excellence Erastus Mwencha, membre de la Commission de l’Union Africaine, le Général Wiliam E. Ward, Commandant en chef d’Africom, ainsi que l’ambassadeur Vicki Huddleston, sous-secrétaire adjoint pour l’Afrique au Bureau du Secrétaire de la Défense]].
Conscients que la piraterie rend « difficile le commerce international » dans cette région du monde, les Etats-Unis et l’Afrique ont « des intérêts communs » à voir ce fléau s’estomper. Dans le cadre de cette lutte à l’échelle internationale, le gouvernement américain ne jouera qu’un rôle « secondaire voire tertiaire » : « Le problème de la piraterie sur les côtes de l’Afrique doit être réglé de manière globale », a déclaré Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines.

La piraterie à beau être un problème mondialisé, sa résolution en Afrique doit aussi être capable de répondre aux crises que traverse le continent. Le représentant de la Commission de l’Union Africaine, Erastus Mwencha l’a bien comprit, et a insisté sur les liens entre les difficultés rencontrées par les pays où la piraterie sévit, et la piraterie elle-même. Il a par exemple souligné la nécessité de s’afférer à résoudre les difficultés institutionnelles en Somalie afin de résorber cette question dans la Corne de l’Afrique.

Cette conférence de presse a eu lieu une semaine après que les pays de l’océan Indien et de l’Union européenne (UE) ont adopté jeudi à Maurice, au cours d’une conférence ministérielle, une « stratégie régionale » pour améliorer la lutte anti-piraterie. La conférence était organisée en collaboration avec l’UE, la Commission de l’océan Indien (COI) et le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), a rassemblé les représentants de l’UE, de Maurice, des Seychelles, des Comores, de Djibouti, de la Tanzanie, du Kenya, et de la Somalie

Dans le cadre de cette lutte, dix Somaliens qui s’étaient attaqués à un cargo allemand au large de la Corne de l’Afrique seront prochainement jugés pour piraterie par un tribunal de Hambourg, en Allemagne, a annoncé mardi le parquet de la ville portuaire. Les 10 hommes, arrêtés en avril par la marine néerlandaise, ont été inculpés d’attaque contre le trafic maritime et de rapt en vue d’obtenir une rançon, a indiqué le porte-parole du parquet Wilhelm Möllers. Ils risquent 15 ans de prison.
Ce jugement est un événement. C’est le premier procès du genre depuis le 17e siècle. En effet, les pays ou les armateurs victimes de piraterie laissent le plus souvent ces attaques sans suite, ne portant que très rarement plainte. L’ambassadeur Johnnie Carson a invité les pays occidentaux victimes de piraterie à prendre leurs responsabilités et à porter plainte contre les pirates. Cette absence de réaction, véritable obstacle à la lutte contre la piraterie, laisse un certain nombre de questions en suspens.

L’ambassadeur Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, son excellence Erastus Mwencha, membre de la Commission de l’Union Africaine, le Général Wiliam E. Ward, Commandant en chef d’Africom, ainsi que l’ambassadeur Vicki Huddleston, sous-secrétaire adjoint pour l’Afrique au Bureau du Secrétaire de la Défense