Pieter Willem Botha est mort

Président de l’Afrique du Sud de 1984 à 1989, Pieter Willem Botha est mort à 90 ans, dans la nuit du mardi à mercredi au Cap, en Afrique du Sud. Dernière icône vivante du régime de l’apartheid, il n’aura jamais présenté ses excuses à la communauté noire pour les brutalités subies pendant cette ère ségrégationniste.

Pieter Willem Botha, l’ancien président sud-africain et ardent défenseur de l’apartheid, s’est éteint à 90 ans, dans la nuit du mardi à mercredi, dans sa maison du Cap, en Afrique du Sud. Il a été successivement ministre de la Défense, Premier ministre (1978-1984) et président (1984-1989) de l’Afrique du Sud. Né le 12 janvier 1916, il est le seul fils d’une famille ruinée d’agriculteurs afrikaners. Irascible, ceui que l’on surnommait le  » Groot Krokodil » (Grand crocodile en afrikaans) pour son intransigeance incarnait toute la sévérité du régime de l’apartheid. Une congestion cérébrale et une fronde de son gouvernement l’obligeront à céder son fauteuil à Frederick W. de Klerk. C’est ce dernier qui a conduit les négociations avec le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela, le premier président de l’Afrique du Sud post-apartheid. Elles mettront officiellement fin au régime ségrégationniste en 1994 et les deux hommes partageront le prix Nobel de la paix en 1993 pour leur action conjointe.

« Je ne vais pas me repentir « 

« Alors que pour beaucoup M. Botha restera un symbole de l’apartheid, nous nous souvenons aussi de lui pour les démarches qu’il a entreprises afin d’ouvrir la voie vers l’accord final négocié pacifiquement dans notre pays », a déclaré, lui rendant hommage, Nelson Mandela. Pieter Botha, entre 1987 et 1988, a en effet permis les premiers contacts avec le leader de l’ANC alors qu’il était encore en détention. Cependant M. Botha restera un personnage controversé dans l’Afrique du Sud démocratique. Outre toutes les violences arbitraires, c’est sous lui que les Noirs sud-africains se verront privés de leur nationalité. L’homme ne s’est pourtant jamais excusé auprès de la communauté noire pour toutes les atteintes aux droits humains dont ils ont été victimes pendant l’apartheid. Et a refusé de se présenter devant la Commission vérité et réconciliation dont le rapport final, rendu en 2003, l’a désigné comme le responsable de toutes les atrocités commises sous son règne. « Je ne vais pas me repentir, car ce que j’ai fait, je l’ai fait pour mon pays », avait-il affirmé. Jusqu’à son dernier souffle, il n’aura pas eu l’occasion de se renier.