PG&P, le projet de soutien aux entrepreneures africaines de Philippe Gabillard

Fondée et dirigée par le Français Philippe Gabillard, l’entreprise PG&Partners (PG&P), spécialisée dans le conseil en développement sur le continent africain, a pour projet de reverser tous ses excédents aux femmes entrepreneures africaines et de les accompagner pour qu’elles soient totalement autonomes. Philippe, 60 ans, qui a roulé sa bosse partout en Afrique, effectuant régulièrement la navette entre la France et le continent, explique la genèse de ce projet.

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Lorsqu’on le voit pour la première fois, on peine à croire qu’il est âgé de 60 ans tant il parait 20 ans de moins que son âge. Toujours vêtu élégamment, Philippe Gaillard, aux allures d’un jeune homme, n’a jamais une minute à perdre. Marchant toujours d’un pas vif, celui qui ne manque pas d’humour, aux conversations souvent entrecoupées de rires témoignant de sa joie de vivre, tenant ses interlocuteurs en haleine, a su faire du temps son meilleur allié. Il faut dire qu’il a au moins mille projets qui attendent d’être réalisés.

« Une entreprise qui œuvre pour l’autonomisation des femmes africaines »

Pour autant, le soixantenaire au regard vif n’oublie pas son principal objectif : prêter main forte aux femmes africaines entrepreneures afin de permettre leur autonomisation. Une des raisons pour lesquelles il a créé PG&Partners (PG&P), spécialisée dans le conseil en développement de structures et de projets sur le continent africain. PG&P s’est engagée à reverser tous ses excédents aux femmes entrepreneures d’Afrique. Une entreprise à part, qui prône un modèle économique novateur, qui met l’humain au centre de tout. « C’est une entreprise libérée et résolument orientée sur une éthique équitable », explique Philippe. « Elle fonctionne en réseau d’experts animés par la même éthique et la même motivation qui est d’œuvrer pour l’autonomisation des femmes africaines à travers l’appui à projets ou de redistribution des excédents », souligne le responsable.

Philippe et son équipe très féminine, déployée aux quatre coins de l’Afrique subsaharienne, travaille nuit et jour pour prêter main forte à ces porteuses de projet en leur trouvant notamment des financements ou encore en peaufinant leur business plan. Lui, n’a pas le temps pour les palabres. « Le problème c’est que beaucoup de gens parlent du développement de l’Afrique sans concrétiser leurs actions. Cela reste souvent au stade du discours. Or, il faut passer aux choses sérieuses, l’Afrique n’a plus le temps d’attendre », assure-t-il.

C’est avant tout un homme de terrain comme il aime dire, travaillant souvent dans l’ombre, sans faire de bruit, dans l’unique objectif de concrétiser ce qu’il entreprend. Il affirme aussi aisément être du côté des femmes car « elles sont le principal atout pour permettre à l’Afrique de se développer. Je suis convaincu qu’en soutenant les femmes dans l’entrepreneuriat, on peut faire de grandes choses ». Pour Philippe, « la femme africaine est la colonne vertébrale de l’Afrique et ses capacités sont encore trop méconnues et sous-exploitées ».

« Moi je ne viens pas piller l’Afrique comme le font beaucoup d’Occidentaux, mais apporter ma pierre à l’édifice »

« Moi je ne viens pas piller l’Afrique comme le font beaucoup d’Occidentaux, mais apporter ma pierre à l’édifice », assure-t-il. « Je veux que les boîtes s’en sortent car l’indépendance ne vaut rien sans autonomie. Je veux aider à palier aux carences des Etats africains ». La preuve est qu’il redistribue en Afrique une partie de ce qu’il gagne à des ONG, des associations, des femmes…». Un choix de vie qui lui a valu, l’an dernier, de se retrouver sans chauffage dans son appartement en hiver faute de quoi payer ce service.

Son amour pour le continent africain et surtout pour les femmes africaines qu’il admire profondément ne date pas d’aujourd’hui. Depuis son plus jeune âge, Phillipe a roulé sa bosse partout en Afrique, au Maghreb, notamment au Sénégal, en Cote d’Ivoire, au Tchad, au Cameroun, en Afrique du Sud, au Burkina Faso… Il a vécu dans tous ces pays et parle même plusieurs langues africaines comme le moré. Il se nourrit essentiellement de plats africains tels que le foufou ou encore le saka-saka, qu’il sait même cuisiner. Ce n’est donc pas un hasard s’il se définit avant tout comme un Africain à part entière. « Je me suis senti bien dans tous ces pays et me je suis senti Africain par la même occasion au fil du temps », dit-il en riant. Quand d’autres arrivent sur le continent, en montant sur leurs grands chevaux, lui a emprunté un autre chemin. Fin connaisseur des cultures locales africaines, il n’a jamais hésité à se rendre sur le terrain au contact des populations, enrichissant ainsi son expérience et ses connaissances sur l’Afrique.

« J’ai suivi le conseil de ma mère qui m’a dit de retourner vivre en Afrique »

Il ne fait en effet jamais rien comme les autres. « Je suis un rebelle, un anti-système », dit-il en souriant. Ce n’est pas donc pas un hasard si à ses 18 ans, il décide, sur un coup de tête, de se rendre à Niamey en voiture pour voir la transition que représente le Niger entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Philippe a aussi exercé plusieurs métiers, changeant de fonctions tous les trois ans. Puis, il a même fini par monter son agence de communication avant de tout laisser tomber pour reprendre ses études à l’âge de 49 ans en master qualité environnementale. Une fois son master en poche, il décide de mettre toutes ses compétences et son savoir-faire au service du continent, particulièrement des femmes africaines. Son déclic est provoqué par sa mère qui lui a dit une phrase qui le marque, tout juste avant de mourir en 2014. « Elle m’a dit : « Retourne en Afrique, va vivre là-bas. C’est là-bas que tu seras le plus utile et le plus heureux ». J’ai suivi son conseil et je me rends compte qu’elle avait raison », confie-t-il ému.

Il aime sa vie et n’hésite pas à le dire haut et fort. Philippe est un homme heureux. Même s’il ne le disait pas, ça se sent et ça se voit. « Je travaille avec les femmes, pour les femmes. Je développe une fraternité », renchérit-il en riant. « J’ai pour habitude de dire que je suis moi-même une femme car je les comprends et sais ce dont elles ont besoin », assure-t-il. Ses collaboratrices témoignent de cet aura qu’il a et qu’il transmet à toute les personnes qu’il aide. Elles parlent même « d’esprit Philippe ». « L’esprit Philippe transforme l’argent, qui est censé être le nerf de la guerre, en nerf de la paix », souligne l’intéressé avec ironie. Une phrase à méditer…