« Père Jesus » veut « Annoncer le Christ autrement » !

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Face à la montée en puissance des églises révélées au Cameroun, l’Eglise Catholique sort de son milieu traditionnel, multiplie les initiatives et s’invite dans les stades à travers des caravanes d’évangélisation qui drainent les foules. Une pratique spécialement développée par un Prêtre de la congrégation du Saint Esprit, le Père Hervé Marie surnommé « Père Jésus ».

Pour sa sixième édition, l’événement « christade » organisé par les frères de la congrégation du Saint esprit a connu un succès éclatant.
priere_au_stade.jpgPendant 5 jours le site du stade omnisport, lieu de la caravane d’évangélisation a mobilisé tous les soirs plus de 19000 personnes. Une initiative qui doit beaucoup à son charismatique prêcheur Hervé Marie, surnommé « Père Jésus ».

Né à Combourg, comme Chateaubriand

Né le 28 août 1961 à Combourg, une petite localité de la Bretagne au nord ouest de la France, le jeune Hervé Alphonse Albert Hignard est le troisième d’une famille de cinq enfants. L’éducation qu’il reçoit de son père est rude mais familiale ce qui l’aidera plus tard à rester ferme dans ses choix, tout en gardant une attention pour les autres, et un grand attrait pour la vie familiale. Le jeune Hervé fait ses études primaires dans son village ; au secondaire, il part dans une ville voisine, dans un établissement catholique « les cordeliers » à Dinan où il est pensionnaire, il ne rentre que le week-end en famille et passe la semaine à l’internat.

herve-marie_enfant.jpgLes parents n’allant jamais à la messe, il décide de les imiter et d’un commun accord, parents et enfants décident de ranger toutes les croix de la maison au grenier. C’est ainsi que pendant ces neuf années d’études dans un établissement catholique, il n’assistera à la messe que trois fois. Mais avec la conversion de sa mère et de sa sœur ainée Viviane, sa vie prend une autre tournure. Sa sœur Viviane faisait « une neuvaine », qui consiste à aller à San Damiano, lieu d’apparition de la Vierge Marie, 9 fois de suite, chaque premier vendredi du mois. Indisponible pour ce rendez vous spirituel, à cause de ses examens, elle demande un jour à son frère cadet Hervé de la remplacer, ce qu’il accepte avec une curiosité et un esprit quelque peu ironique… en ce sens qu’il souhaitait visiter ce lieu pour mieux le critiquer… La route de Rennes pour San Damiano est longue et exige plus d’un jour de voyage. Dans l’autobus qui les conduit, le jeune Hervé observe avec curiosité les fidèles qui dans leur ferveur de pèlerins chantent des cantiques et prient.

La révélation…

Lors des arrêts, alors que les autres chrétiens participent à la messe, il est le seul à s’isoler pour boire une bière avec les chauffeurs. Une fois à San Damiano, le premier jour, Hervé participe aux temps de prière, aux sessions de formation et aux différentes célébrations mais toujours de façon extérieure. Mais il est fasciné par la ferveur qui y règne. Le deuxième jour le trouve un peu plus disposé, levé le matin à 5h il participe aux temps de prière, à une marche spirituelle de 3km pour assister à une messe célébrée en italien dans un village voisin. Dans l’après-midi, lors de la bénédiction particulière de la Vierge Marie, tout le monde se met à genou, les petits comme les grands, le jeune Hervé plie les genoux, et pendant cet instant le Seigneur par la présence de sa mère Marie « transforme l’eau en vin »… Le jeune Hervé se recueille, puis ne voulant pas montrer ses larmes à ses compagnons de voyage, il sort et sombre dans les pleurs. Il décide de donner sa vie au Seigneur. C’est à ce moment que le Seigneur dans sa miséricorde et par une grâce particulière va toucher son cœur et lui donner la grâce d’un regret profond : celui d’être passé pendant vingt ans à côté de cet amour de Dieu, si proche, sans l’avoir connu.

Neuf mois plus tard aidé par le discernement d’un sage père spirituel, l’Abbé Bertaina, il découvre en lui le désir de vivre sa relation avec Jésus de façon plus consacrée. C’est alors que le 8 Novembre 1982 au matin, le jeune Hervé, à 21 ans, frappe à la porte des frères de Saint Jean à Rimont. C’est dans cette nouvelle Communauté religieuse qu’il sera formé, comme religieux, comme fils du Père Marie-Dominique Philippe ce père Dominicain si sage fondateur de la communauté saint Jean.

Arrivée au Cameroun en 1987

Pere_Jesus.jpgIl débarque au Cameroun en 1987 à Bertoua ( Est-Cameroun), où il travaille dans les lycées et collèges : il enseigne et fait la catéchèse. Il fonde une aumônerie de 1500 jeunes, qui donnera à l’Eglise de nombreux prêtres, religieux et religieuses ainsi que de jeunes laïcs engagés dans l’Eglise. Mais peu à peu son action a pris un tour nouveau : grâce à son équipe d’évangélisation, mise sur pied en 2000, il parcourt les paroisses du Cameroun afin d’y proclamer la bonne nouvelle à travers des semaines d’évangélisation… Les thèmes de ses prêches sont modernes, contemporains, concrets. Et les foules sont au rendez-vous !