Pénurie, inflation, épidémie de choléra, le Nord-Mali est en crise

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La crise n’est pas seulement politique dans le secteur de Gao, occupé depuis le mois d’avril par des rebelles, touaregs puis islamistes, elle est aussi humanitaire. L’ONG Action contre la faim, qui vient en aide aux populations locales, s’inquiète des conditions de vie des habitants.

« Deux, voire trois fois les prix habituels », pour acheter du sucre, du niébé ou du mil sur le marché de Gao, au Nord-Mali. C’est ce qu’indique l’ONG Action contre la faim dans un récent communiqué. Pour l’association, malgré une accalmie, la région doit toujours faire face à une situation de pénurie, de hausse des prix et d’épidémie, avec, notamment, l’apparition de cas de choléra en juillet.

D’après Action contre la faim, les populations se trouvent confrontées à un problème de « disponibilité des denrées alimentaires de première nécessité et de liquidités monétaires ». Les institutions financières (banques, caisse d’épargne) ne fonctionnent plus, ce qui incite les populations à utiliser le troc.

Malnutrition et choléra

Ce manque de ressources s’accompagne naturellement de problèmes sanitaires, en particulier chez les enfants. Ainsi, dans les structures de santé où est intervenue Action contre la faim entre le 14 mai et le 10 juin pour détecter les problèmes de sous-nutrition, la moitié des jeunes dépistés (plus de 2 000 enfants) souffrait de malnutrition aiguë et 22% de malnutrition aigüe sévère.

S’ajoute à cela le risque épidémiologique. Les premiers cas de choléra sont apparus début juillet au village de Warabaria, à une dizaine de kilomètres de Gao et, d’après Action contre la faim, le nombre de morts se porte désormais à cinq. L’épidémie est aggravée par le manque d’eau. Des pannes de distribution se produisent régulièrement dans les villes et les villages qui sont affectés par la baisse du niveau d’eau de la nappe phréatique.

Dès début juillet, les autorités maliennes avaient pris des mesures de prévention contre le choléra et notamment diffusé des messages pour encourager les pratiques hygiéniques au sein de la population (le choléra est aussi connu pour être « la maladie des mains sales »). De son côté, Action contre la faim a distribué plus de 2 000 kits d’hygiène.

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