Patrouilles communes des frontières Nigeria-Bénin-Niger : une résolution symbolique

Ce lundi 25 novembre 2019, les dirigeants du Niger, du Bénin et du Nigeria se rencontrent pour mettre au point le projet de patrouilles communes à leurs frontières ; un projet dont les principes avaient été adoptés lors du dernier sommet de la CEDEAO. Le Nigeria, qui maintient fermées ses frontières terrestres depuis trois mois avec ses voisins, a insisté pour parvenir à la concrétisation de ce qui, jusque-là, n’était qu’un projet.

Au Niger et au Bénin, beaucoup croient que ledit projet représente un point capital dans le processus de réouverture des frontières nigérianes. Après le blocus radical de ses frontières terrestres qui dure depuis trois mois, le Nigeria accepte de négocier les conditions de leur réouverture avec ses deux voisins. Ce lundi 25 novembre, les autorités des trois pays peaufineront ce projet commun qui mettra en collaboration l’armée, la police, la marine et les services de douanes de leurs pays respectifs.

L’enjeu est de taille, mais reste clair pour Abuja : procéder au renforcement de la coopération douanière afin de mettre un terme à la contrebande des denrées alimentaires provenant du Niger et du Bénin, qui représente un obstacle à son ambition d’autosuffisance alimentaire. Considérant les difficultés à contrôler les frontières communes des trois voisins qui s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres, il est évident que cette décision conjointe est beaucoup plus politique et symbolique que pragmatique.

Le Nigeria manifeste une certaine satisfaction quant à ce geste politique. Son ministre des Affaires étrangères a affirmé, le 14 novembre, qu’après les assises des 25 et 26 novembre, le Nigeria ouvrirait ses frontières. L’isolement commercial du Nigeria, qui a affaibli les commerçants béninois et nigériens, n’a pas manqué de faire des victimes sur son propre territoire.