Pas de sexe au HCR

Les Nations Unies blanchissent les agents humanitaires du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), accusés de pratiquer l’exploitation sexuelle contre de la nourriture en Afrique de l’Ouest. Une enquête de l’organisme onusien arrive à la conclusion que le sexe n’a jamais été une monnaie d’échange.

 » Sur les 43 cas examinés par les enquêteurs, seuls 10 ont été prouvés. Aucune des accusations mettant en cause des membres du personnel des Nations Unies n’a été retenue « , conclut l’enquête du Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies. Une enquête qui avait été demandée à la suite de la publication d’un rapport commandé par le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et l’organisation non gouvernementale  » Save the children « . Les conclusions de l’enquête menée du 22 octobre au 30 novembre 2001 dans différents camps de réfugiés en Guinée, Liberia et Sierra-Leone étaient sans appel : le chantage sexuel était systématique dans les camps. Les femmes devaient échanger leurs corps contre de la nourriture. Les Nations Unies viennent donc, sept mois après la publication du rapport accablant, d’innocenter son personnel.

Dépassements sanctionnés

Les Nations Unies précisent que leur contre-enquête a été menée par une équipe composée d’avocats, d’inspecteurs, de spécialistes des droits de l’homme, de réfugiés et de pédopsychiatres, venant de huit pays différents, et s’est déroulée de février à juillet 2002. Les deux consultants engagés par le HCR, dont les noms n’ont pas été rendus publics, font les frais de la colère onusienne.  » En omettant de vérifier les faits qui leur étaient rapportés, les auteurs du rapport ont injustement entaché la réputation et la crédibilité des agents humanitaires, du personnel national et international des institutions des Nations Unies et des organisations non gouvernementales, et du personnel de maintien de la paix qui travaillent dans des conditions difficiles en Afrique de l’Ouest « , s’indigne le Bureau de contrôle des services internes de l’ONU.

Les Nations Unies mettent tout de même un bémol. Si l’ONU dément la systématisation de l’abus sexuel, elle relève aussi l’existence d’autres violences sexuelles non recensées dans le précédent rapport. Le distinguo onusien est simple : il y a peut-être eu des abus sexuels en Afrique de l’Ouest mais ils ne sont pas aussi nombreux que les anciens enquêteurs l’ont laissé croire. Les fautifs ont été sanctionnés. Mais cette région d’Afrique n’est pas la seule concernée.

Lire aussi

Le sexe, nouvelle monnaie des camps de réfugiés.

Rapport de l’ONU.

Visiter le site du HCR.

Visiter le site de l’ONG Save the children.