Pas de rentrée des classes lundi au Gabon

Les enseignants, regroupés au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed) ont décidé samedi de reconduire leur mouvement de grève dès lundi prochain, au cours d’une assemblée générale à Libreville, a-t-on appris de source syndicale.

Cette décision perturbera la rentrée des classes, fixée au 5 octobre sur l’ensemble du territoire gabonais. Les syndicalistes revendiquent la régularisation des situations administratives, le paiement intégral des rappels et la dotation de parcelles de terrain.

Il y a quelques jours, les membres du bureau de la a Convention nationale des syndicats du secteur de l’Education (Conasysed) s’étaient retrouvés avec le Premier ministre gabonais, Paul Biyoghé Mba, afin de trouver un compromis pouvant permettre d’éviter une fois de plus, le blocage du système éducatif. Au sortir de cette rencontre, les syndicats apparemment satisfaits, avaient parlé d’‘’avancées significatives’’.

L’année scolaire passée avait été perturbée par des grèves à rebondissement des enseignants. Au point où le défunt président Omar Bongo Ondimba s’était impliqué afin de résoudre la crise qui minait à cette époque le monde de l’éducation. Au tour de lui, un protocole d’accord avait été signé entre le gouvernement et les syndicats.

Incompréhension

Le résultat de cet accord a été le paiement de la prime d’incitation à la fonction enseignante au mois de juin dernier, quelques semaines avant la tenue des examens de fin d’année. Les rappels avaient été également payés aux enseignants.

Les Gabonais ne comprennent pas donc le retour des enseignants sur le front social. Ce corps professionnel est, semble-t-il, le mieux traité du pays, avec des primes les plus élevées et d’autres avantages en nature. Au début de cette semaine le Premier ministre a même décidé de leur accorder des parcelles de terrain. Un véritable privilège puisqu’une bonne partie des citoyens estiment que « trouver une parcelle de terre et construire sa maison » relève de la responsabilité individuelle de chaque Gabonais.

Les grèves des enseignants deviennent de plus en plus impopulaires, avec des conséquences pédagogiques négatives. Le taux élevé d’échec dans les différents examens depuis quelques années illustre le malaise et les tares qui rongent le système éducatif gabonais. Beaucoup d’élèves rencontrés l’année dernière ont affirmé être allés aux examens sans épuiser leurs programmes. Leurs enseignants ont pourtant reçu leurs salaires sans discontinuité.

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