Gabon : le système éducatif paralysé par la grève des enseignants

Fridolin Mvé Messa

Les enseignants regroupés au sein de la convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (CONASYSED) sont en grève depuis le 6 octobre. Ils ont décidé au cours d’une assemblée générale lundi dernier à Libreville de durcir leur mouvement de grève malgré l’ouverture des négociations avec le gouvernement. Ce dernier n’a pas tardé à donner sa réponse en annonçant le même jour la suspension des négociations et en intimant l’ordre aux enseignants grévistes de reprendre le travail avant le 23 octobre.

Notre correspondant au Gabon

Fridolin Mvé Messa« Nous sommes toujours en attente des actes concrets pour nos situations administratives et financières », a déclaré, lundi, Fridolin Mvé Messa, membre du collège des pairs de la CONASYSED, précisant qu’il n’est pas question pour l’heure de suspendre la grève. Les syndiqués estiment que le gouvernement ne joue pas franc jeu et que leurs « revendications ne sont pas prises au sérieux » par la tutelle. « Nous irons jusqu’au bout », ont-ils lancé à la fin de leur assemblée générale.

Les grévistes réclament l’harmonisation des salaires des enseignants recrutés avant et après 1991et la régularisation des situations administrations et financières de tous les enseignants. Ils déclarent que l’Etat gabonais leur doit près de 20 milliards de francs CFA au titre des rappels de solde et récusent d’accepter les 2,5 milliards de francs CFA que leur propose le gouvernement par anticipation en vue de dénouer rapidement cette crise qui remet à la tourmente l’école gabonaise.

L’Etat hausse le ton

Face au durcissement du ton des grévistes et à l’attitude jusqu’auboutiste affiché par ces derniers, le gouvernement gabonais a annoncé, lundi dernier, par un communiqué du premier ministre Jean Eyeghé Ndong, la suspension des négociations et a appelé les syndiqués à reprendre le travail au plus tard le 23 octobre « afin de poursuivre dans la sérénité l’examen » des points de revendication querellés. « Passé ce délai, a annoncé le communiqué du premier ministre, le gouvernement prendra ses responsabilités ».

grévistes« Nous savons que nos salaires seront suspendus. Mais ce sera une décision injuste » a dit Fridolin Mvé Messa estimant que si le gouvernement veut suspendre les salaires des syndiqués, qu’il commence d’abord par régler la totalité de leurs rappels de solde. « Le droit doit s’appliquer dans tous les sens », a-t-il martelé ajoutant que les grévistes continueront leur combat jusqu’au bout et que les menaces du gouvernement ne pourront pas modifier la positions des enseignants grévistes qui attendent toujours des réponses concrètes aux problèmes posés.

« Une assemblée générale extraordinaire de la CONASYSED aura lieu ce mercredi à Libreville, et à l’issue de laquelle des nouvelles stratégies seront élaborées en vue de pousser le gouvernement vers des solutions concrètes », a annoncé mardi M. Mvé Messa au cours d’un entretien avec notre correspondant au Gabon.

Lire aussi:

 Le système éducatif gabonais dans la tourmente

 Le Gabon est-il au bord de l’explosion sociale ?