Le système éducatif gabonais dans la tourmente

Les enseignants regroupés au sein du syndicat de l’éducation nationale (SENA), dans une conférence de presse donnée le week-end dernier à Libreville, ont menacé d’entrer en grève si leurs revendications ne trouvent aune réponse concrète de la part du gouvernement. Dans la foulée, ils ont exigé le départ de leur ministre de tutelle, Michel Menga M’Essono.

Notre correspondant à Libreville

Les enseignants réclament la mise en place effective du comité de suivi des travaux de la commission technique interministérielle sur la plate forme revendicative 2006-2007, la régularisation des situations administratives et le payement de tous les rappels des enseignants au regard de l’embellie financière actuelle de notre pays. Ils exigent également la résolution de tous les problèmes liés à l’organisation des examens et concours et, la création des régies financières supervisées par le trésor public.

Une rencontre, la semaine dernière, entre le bureau exécutif du SENA et le ministre de l’éducation nationale a accouché d’une souris. Les responsables du SENA se disent profondément indignés par l’attitude condescendante de leur ministre de tutelle qui les a accueillis froidement avec des « propos injurieux et diffamatoires ».

« Face à ces violations répétées des principes élémentaires de partenariat », les syndiqués ont-ils demandé au président de la république gabonaise et au premier ministre, « le départ pur et simple de monsieur Michel Menga M’Essono du ministère de l’Education nationale pour incompétence caractérisée à s’attaquer dans un cadre partenarial aux véritables problèmes qui minent notre système éducatif gabonais. »

Des critiques abusives, selon le ministre de l’Education nationale

En attendant la réponse du gouvernement, le bureau provincial de l’Estuaire du SENA s’est prononcé en faveur de la grève et du boycott des examens de fin d’année. Selon Fridolin Mvé Messa, secrétaire général du bureau national de ce syndicat, leurs collègues de la Nyanga (sud) sont déjà en grève depuis quelques jours et cette grève, a-t-il rappelé risque de se généraliser si la réponse du gouvernement se fait longtemps attendre.

Pour Michel Menga , les choses avancent même si à cause des lourdeurs administratives certains points de revendications du SENA n’ont pas encore trouvés de réponse. «Les rappels sont payés, les intégrations sont faites, les concours sont organisés et proclamés, la construction des salles de classes est en cours », a rappelé le ministre de l’Education nationale, avant de s’interroger ainsi: « Comment peut-on nous prêter de mauvaises intentions ? »

Rappelons que le système éducatif gabonais demeure trop fragile au regard des nombreux maux qui minent son fonctionnement. Les effectifs pléthoriques dans les salles de classe, le taux élevé d’échec dans les examens nationaux, la prolifération des collèges privés fantômes, la construction des débits de boisson à proximité des écoles et lycées, la déperdition scolaire et les grèves à répétition sont autant de défis que doit relever l’actuel patron du ministère de l’Education nationale.

Sur la photo: Fridolin Mvé Messa