Pas de fonds supplémentaires pour Le Caire

Suite à la condamnation, au Caire, d’un militant des droits de l’Homme américano-égyptien à 7 ans de prison, les Etats-Unis ont décidé de ne pas accorder de fonds supplémentaire à l’Egypte. Une décision qui ne devrait pas peser sur les programmes d’aide existants.

Les relations diplomatiques entre l’Egypte et les Etats-Unis se sont sévèrement refroidies suite à la condamnation à 7 ans de prison, le 29 juillet dernier, du militant des droits de l’Homme américano-égyptien Saad Eddine Ibrahim. A 67 ans, ce professeur de sociologie est une figure du militantisme en faveur des droits de l’Homme en Egypte. Il a été reconnu coupable, avec 27 autres co-accusés, de  » ternir l’image de l’Egypte à l’étranger  » en  » répandant de fausses informations « , notamment sur de  » prétendues fraudes électorales  » et sur la persécution de la minorité chrétienne copte dans le pays.

Les Etats-Unis avaient immédiatement condamné le jugement. Sans que l’Egypte réagisse. Pour montrer plus clairement son désaccord, Washington a choisi d’utiliser l’argument économique. Le président George W. Bush a décidé de s’opposer à toute aide financière supplémentaire américaine à l’Egypte.  » L’Egypte est un important ami et allié (…). Mais actuellement nous n’envisageons pas de lui accorder des fonds supplémentaires allant au-delà de nos engagements de Camp David « , a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Claire Buchan.

Pas de rallonge pour Moubarak

Les responsables américains ont certifié que cette décision ne pèserait pas sur les quelques 2 milliards d’aide apportés chaque année au titre des engagements découlant des accords de Camp David (1978), qui avaient abouti à la reconnaissance d’Israël par l’Egypte. Mais elle risque pourtant d’embarrasser Hosni Moubarak qui, profitant du déblocage par le Congrès américain de 200 millions de dollars pour aider Israël à lutter contre le terrorisme, avait demandé une augmentation de 150 millions de dollars pour son pays. Une rallonge censée combler le manque à gagner que connaît le tourisme égyptien depuis les attentats du 11 septembre.

Cette vraie-fausse sanction américaine à l’égard de l’Egypte constitue un avertissement clair sans pour autant déstabiliser financièrement un pays qui joue un rôle stratégique dans la crise proche-orientale. La mesure annoncée ne porte en effet que sur d’éventuels fonds supplémentaires, non inscrits au budget. L’Egypte reçoit tous les ans 1,3 milliard de dollars d’assistance militaire et 650 millions de dollars de soutien économique. C’est le budget d’aide extérieure américaine le plus important après celui alloué à Israël, qui se monte à quelques 3 milliards de dollars.