Pas d’accord à Abuja sur la crise au Darfour

Les négociateurs soudanais sur la crise au Darfour ne sont pas parvenus jeudi à Abuja, au Nigeria, à un accord en dépit des fortes pressions internationales, notamment de l’Union africaine (UA), des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Le président en exercice de l’UA, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré et le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, avaient invité les rebelles et le gouvernement soudanais à signer un accord afin de mettre un terme aux violences qui secouent le Darfour depuis février 2003.

Les négociations, parrainées par l’UA, se déroulent en présence des représentants du Canada, de l’Union européenne (UE), de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de la Ligue arabe, des Nations unies, des Pays-Bas, de la Norvège, de l’Egypte, de l’Italie et de la Libye.

Le gouvernement soudanais avait fait part de sa volonté de signer un accord présenté par l’UA fixant, entre autres, les modalités de partage du pouvoir et des richesses au Darfour, la région occidentale du Soudan.

Un triste échec

Mais, l’Armée de libération du Soudan (ALS), le plus important groupe rebelle, le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) et une faction dissidente de la SLA n’ont pas encore approuvé le document de l’UA.

« Si l’on prend en considération l’énergie et le temps consacré au calvaire des populations du Darfour par les communautés africaine et internationale, il faudra considérer ce jour (jeudi) comme triste. Si jamais nous laissions passer cette occasion de parvenir à un accord de
paix », a déclaré le médiateur en chef de l’UA, le Tanzanien Salim Ahmed Salim.

Le porte-parole du MJE, Ahmed Tugod, a affirmé qu’il n’était pas question, pour son mouvement, de signer cet accord de paix à cause « des insuffisances du document ». « Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il nous est difficile d’accepter cette sorte de document sauf si des modifications substantielles y sont apportées pour qu’il soit pour nous raisonnable de le signer », a-t-il affirmé.

Son pendant de l’ALS, Abdulwaheed Al-Nur, s’est exprimé dans la même veine, demandant que des améliorations soient apportées au document de l’UA.

Seul le porte-parole de la dissidence de l’ALS, Minni Minnawi, a laissé entendre que son mouvement pourrait signer l’accord.