Parkour Egypt : les Yamakasi débarquent au Caire

Performance au pied des pyramides

Ils sont une soixantaine à pratiquer ce sport de haute voltige venu de France. L’équipe Egypt Parkour, basée au Caire depuis 5 ans déjà, enseigne l’art des Yamakasi. Tous les âges sont admis à ses cours de « Parkour ». Les adeptes de cette discipline, qu’on appelle les « traceurs », éprouvent en sautant au-dessus des toits de la capitale égyptienne une pure sensation de liberté.

Escalader les immeubles, grimper sur les murs, effectuer des sauts périlleux par-dessus les toits, slalomer entre obstacles en tous genres, cela n’a plus de secret pour eux. En Egypte, ils sont une soixantaine à pratiquer ce sport de haute voltige qu’on appelle le Parkour. Née en France au début des années 2000, la pratique doit sa popularité au film Yamakasi, ainsi qu’à des documentaires diffusés à la télévision. La vogue du Parkour a ainsi voyagé de contrée en contrée, et fini par débarquer en Egypte en 2005. «Nous avons pu apprendre ce sport progressivement, en imitant les vidéos qu’on visionnait sur Internet », indique Tarek Omar, entraîneur au sein de Parkour Egypt. Nasser Mahmoud, professeur d’éducation physique, a effectué des tests durant deux ans en compagnie d’élèves d’une école primaire avant de fonder cette équipe. D’abord constituée de 4 personnes, elle attire rapidement du monde grâce aux réseaux sociaux. Le groupe Facebook de Parkour Egypt compte plus de 3500 membres dont une soixantaine sont aujourd’hui des traceurs confirmés [[Nom qu’on donne à la personne qui pratique le Parkour]].


Le Parkour est une discipline qui ne s‘improvise pas. Chaque geste, chaque saut doit être minutieusement préparé, calculé, et répété plusieurs fois en salle avant d’être exécuté dans la rue. «Les exercices son scindés en deux parties : l’indoor et l’outdoor. Les élèves commencent par recevoir des cours concernant les fondamentaux du Parkour en salle. Cela dure en moyenne deux semaines. A l’issue de cette période test, l’entraineur évalue si l’élève peut s’entraîner dans la rue ou s’il faut qu’il pratique encore en indoor», explique coach Tarek, qui est à l’origine entraîneur de saut en parachute. Très encadrés, mais pas élitistes, les cours sont ouverts à tout le monde, insiste le coach. « Nous acceptons toutes les catégories et tous les âges. Aucune compétence, aucune formation particulière n’est exigée. Le plus jeune de nos élèves est âgé de 6 ans et le plus âgé de 35 ans. »

Parkour Egypt est une affaire qui tourne bien. L’école compte aujourd’hui 6 sections, dont une à Alexandrie et cinq au Caire et ses alentours. Les traceurs ont régulièrement l’occasion de montrer leur talent en prenant part à des exhibitions, des festivals et toutes sortes de manifestations. Reste que la discipline gagnerait à s’organiser, estime Tarek. « Il faut que ce sport se professionnalise. Il faut créer des ligues, organiser des compétitions pour le faire évoluer ».

Etre traceur ne se limite pas à exécuter des acrobaties. Le Parkour est un sport, mais aussi un art et une philosophie. «L’être humain doit s’adapter à tout ce qui est nouveau et faire preuve d’inventivité. Si l’homme a inventé des bateaux, des trains, des avions, c’est pour pouvoir se déplacer plus rapidement, librement. C’est le même principe avec le Parkour qui est une nouvelle façon d’aborder l’espace urbain, de vivre dans la ville », Analyse Tarek. Et de poursuivre, rêveur : « Quand je suis en train de jouer, j’ai la sensation de voler, voler plus haut qu’un avion. » Pour lui, le Parkour c’est tout simplement la liberté.