Paris-Kinshasa Express, retour aux sources de la musique congolaise

Paris-Kinshasa Express sort son premier album officiellement ce 8 juillet. L’oeuvre musicale du groupe, composé d’une dizaine de personnes et dirigé par le Français Patrick Moundélé est originale. On y trouve des chansons en français, lingala, anglais, aux sonorités traditionnelles très rythmées de la musique congolaise. Un show explosif qui met de bonne humeur tout en abordant des sujets profonds.

Une escale musicale entre les capitales française et congolaise qui ne font désormais qu’une. Un cocktail au rythme puissant, dansant, à base de musique traditionnelle congolaise, assaisonné avec des chansons en français et lingala. C’est ça Paris-Kinshasa Express. Il aura fallu trois ans de dur labeur au groupe pour sortir son premier album. Il est dirigé par Patrick Moundélé, le lead vocal, aux cheveux noirs de jais, vêtu de façon décontractée, toujours muni d’un likembé, un instrument traditionnel d’Afrique centrale. Le trentenaire est aussi compositeur et arrangeur du groupe composé d’une dizaine de membres, dont des musiciens, danseurs, choristes. Tout ce beau monde assure sur scène un véritable show à la congolaise, où danses rythmées et puissance vocale du chanteur et des choristes s’entremêlent.

Paris Kishasa Express c’est avant tout une aventure humaine impulsée par la passion. Le leader du groupe, Patrick Moundélé, en est à l’initiative. Il est capable de parler de la musique congolaise durant des heures sans s’en lasser. Lui qui a vécu une partie de sa vie à Kinshasa jusqu’à l’âge de neuf ans. Il a atterri dans la capitale congolaise pour la première fois lorsqu’il était à peine âgé de deux mois, grâce à son père pharmacien qui s’y était installé. Celui qui a grandit entre les deux rives des capitales française et congolaise a donc été bercé par la roumba traditionnelle congolaise, mais aussi par les chansons de la vieille France, d’où la naissance du projet Paris-Kinshasa. « J’ai grandi entre Kinshasa et la France, ce qui fait le métissage de ma musique. Ce sont mes influences personnelles qui sont dans cet album », explique Patrick Moundélé.

Pour l’amour de la musique congolaise

Paris-Kinshasa Express est née pour l’amour de la musique congolaise, qu’il considère comme la première musique panafricaine. « Le bassin congolais a un potentiel exceptionnel avec une grande diversité de sonorités musicales, selon le leader du groupe. La musique congolaise dépasse le cadre du Congo. Elle a une portée internationale. La preuve, même James Brown est venu au Congo pour s’y inspirer. Kinshasa est une espèce d’Europe africaine avec plus de 60 ethnies représentées. Malgré la misère, la musique reste sacrée. Elle y brillera toujours. La musique est le miroir de l’âme d’un peuple. Ce n’est pas étonnant que dans cette région, « l’art et les artistes sont respectés. Tout le monde y est un peu artiste. A Kinshasa, un monument a même été érigé pour rendre hommage aux plus grands artistes du pays ».

La création de Paris-Kinshasa Express a aussi été motivée par l’amour de la francophonie. A travers cet album, ce sont aussi les valeurs de la francophonie qui sont prônées. « La musique nous permet de les partager et de relier Paris à Kinshasa. Paris est une place très importante pour les artistes congolais qui viennent souvent enregistrer leurs chansons. »

Rêve d’un show à Kinshasa

Depuis de nombreuses années, la musique congolaise connaît un véritable appauvrissement. Aussi bien dans la recherche musicale, que la créativité et composition des textes, alors qu’elle est très riche, déplore Patrick Moundélé. Raison pour laquelle, dans son album, il a tenu à accorder beaucoup d’importance aux paroles de ses chansons qui doivent apporter un message au public, insiste-t-il. Ces dernières sont très subtiles. « Elles sont joyeuses et imagées, profondes, sans qu’on ne tombe pour autant dans le misérabilisme. On est sérieux sans pour autant se prendre trop au sérieux, explique-t-il. Les chansons sont aussi à l’image de l’humour congolais. Elles semblent drôles, mais cachent en réalité un sens très profond », assure-t-il.

Une profondeur accentuée par l’instrument traditionnel, le likembé, aux sonorités mélancoliques. Patrick Moundélé qui en joue depuis de nombreuses années n’hésite pas à nous faire une démonstration. Il place ses doigts sur les quatre cordes fines que contient ce bijou musical de petite taille et compose spontanément une mélodie qui nous plonge rapidement dans une profonde nostalgie. En Afrique centrale, le likembé est équivalent à la kora en Afrique de l’Ouest. C’est un instrument sacré qui, selon les croyances, avait le don de raccourcir les distances lors d’un voyage éprouvant. Il pourrait bien aussi porter chance à Patrick Moundélé et son groupe qui se produiront dans de nombreuses salles en région parisienne, notamment à la Bellevilloise.

Le lead vocal rêve déjà que Paris-Kinshasa Express se produise un jour en Afrique, notamment à Kinshasa. Là où tout a commencé…