Paris : 380 migrants et demandeurs d’asile délogés de la place de la Chapelle

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Suite à un arrêté de la police, le préfet de Paris a pris la décision d’évacuer ce mardi , des migrants qui occupaient illégalement la place de la Chapelle et la rue de Tombouctou.

Très tôt ce mardi vers 5 heures, des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) ont investi et barricadé la place de la Chapelle et la rue de Tombouctou où sont installées 250 tentes, quelques couchages de « fortune » sous lesquels vivent 380 personnes migrantes venues du Soudan, d’Érythrée, du Tchad et autres pays africains. Elles vivaient dans des conditions de promiscuité et d’insalubrité hygiénique déplorable, ne disposant ni d’eau, ni de toilette.

Le constat fait dans un rapport d’un médecin de l’agence régionale de Santé de Paris, adressé à la police, indique des risques réels de propagation de maladies dans ces campements où dorment des migrants et demandeurs d’asile. C’est ce qui a poussé les autorités de la préfecture à décider de leur évacuation.

Au cours d’une conférence de presse tenue ce matin, Yvan Cordier, directeur adjoint du cabinet de police de Paris, a expliqué le mobile de cette opération : « Le préfet de police a pris la décision de prendre l’arrêté suite à un rapport du médecin de l’agence régionale de Santé indiquant que dans ces campements existent des risques d’épidémies notamment les parasitoses », avant d’ajouter que « c’est un campement qui fait l’objet d’un travail approfondi depuis un certain temps de la ville de Paris, des associations comme Emmaüs et France Terre d’asile ».

Le déroulement de ces évacuations s’est bien passé sans heurts ni violences. Cependant, certains élus présents ont déploré l’interdiction d’accès aux médias à ces campements.

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Pour David Cherfa, Conseiller d’arrondissement et élu d’Europe Ecologie les Verts (EELV), son parti est le seul présent pour constater et témoigner sur ces opérations qui se font loin des regards des médias. Il explique pourquoi, EELV est là. « On a été alerté grâce à notre réseau de l’opération qui allait se dérouler par la préfecture des différents migrants qui se trouvaient sous le métro aérien de la place de Chapelle ».

L’évacuation est-elle une solution ?

« Non l’évacuation n’est pas une solution », a indiqué l’élu David Cherfa au sujet de cette opération d’évacuation qui selon, lui est loin de résoudre le problème de manière structurelle. « Mais le problème de fond n’est pas réglé ça veut dire quoi, ça veut dire que ces gens-là vont se retrouver à un moment donné dans la nature, d’autres camps vont se récréer et ils vont être confrontés à ces mêmes problèmes », dit l’élu d’EELV avant de renchérir: « Il s’agit d’un problème au niveau de l’État, au niveau européen et même mondial. Puisqu’il n’y a pas une politique migratoire digne de ce nom. »

Où-iront-ils ?

Après cette opération d’évacuations, se pose la question de la prise en charge au niveau administratif et de l’hébergement. Selon Yvan Cordier, directeur adjoint du cabinet de police « Il y avait deux types de personnes. Les personnes qui ont fait le choix de demander l’asile en France, leurs demandes vont être traitées dans de bonnes conditions, et en revanche les personnes qui ne souhaitaient pas faire une demande en France, ces dernières vont être aiguillées vers des hébergements d’urgences pour être mises à l’abri ».