Parcours de Miss

Lors de l’élection de la nouvelle Miss Togo, le 7 septembre dernier, Sandrine a passé sa couronne de reine de beauté à Léa. Elles parlent de leurs espoirs, de leurs expériences et de leurs projets. Interview croisée.

Sandrine Agbokpe, 1m70, 50 kg, 23 ans, vient de passer sa couronne à Léa Anippah, 1m70, 52 kg et 20 ans tout rond. L’élection de Miss Togo a eu lieu le samedi 7 septembre dernier et a permis de nommer la nouvelle reine de beauté du pays. Les deux belles sont nées à Lomé et ont en commun un caractère bien trempé.

Afrik : Comment avez-vous été élue Miss Togo ?

Léa Anippah : J’ai d’abord été élue première dauphine de Miss Lomé en août dernier. C’était la première fois que je participais à ce genre de concours. J’ai été poussée par ma beauté physique et mon entourage ! Je suivais l’élection depuis un moment. L’esthétique du concours me plaisait beaucoup.

Sandrine Agbokpe : Moi aussi, j’ai d’abord été élue première dauphine de Miss Lomé. Mes amis d’école, mes professeurs, m’ont poussé à me présenter. Je n’étais pas très sûre de moi mais pendant la mise au vert, je me suis rendue compte que j’avais mes chances. J’avais un niveau intellectuel plus élevé que les autres candidates. J’étais la seule à être bilingue. Du coup, j’ai plutôt bien répondu aux questions lors de l’élection.

Afrik : Comment ont réagi vos parents ?

Léa Anippah : Bien ! C’est une expérience à vivre pour savoir ce qu’elle renferme réellement. Mes amis et ma famille sont contents et très fiers de moi.

Sandrine Agbokpe : Mon mandat n’a rien changé à ma vie. Ma famille m’a toujours soutenue dans mes initiatives. Pendant cette année, elle a vraiment été le rocher auquel je me suis accrochée.

Afrik : Une Miss a-t-elle des actions particulières à effectuer pendant son mandat ?

Léa Anippah : Oui. Je vais suivre le programme du Comité et m’engager dans la lutte contre le sida. Je vais faire de la prévention lors de campagnes spécifiques. Lorsqu’on voit les ravages que fait cette maladie, il faut absolument réagir. J’aimerais aussi pouvoir défendre la cause des déshérités.

Sandrine Agbokpe : Pendant mon mandat, j’ai commencé ce que va poursuivre Léa en ce qui concerne la lutte contre le sida. J’ai participé à plusieurs conférences internationales sur le sujet, à Ouagadougou et Barcelone notamment. Au Togo, j’ai entrepris des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les entreprises et même dans les villages, ce qui m’a permis de connaître certaines régions du Togo.

Afrik : Qu’apporte le fait de devenir Miss Togo ?

Léa Anippah : Je pense qu’être la Miss nationale va m’apporter plus de maturité. Et puis, le côté relationnel que comporte le mandat de Miss pourra me servir dans mon futur travail. Je désire être gestionnaire d’entreprise.

Sandrine Agbokpe : Cette année m’a permis de me faire des amis dans un milieu plus adulte. En un an, j’ai grandi. Je suis plus sereine et aujourd’hui, j’ai la tête sur les épaules. J’ai rencontré des gens importants comme Bill Clinton et Nelson Mandela à Barcelone, j’étais très émue. Mais ce qui m’a le plus touché ce sont les personnes atteintes du sida qui sont venues me remercier pour mon travail. Le seul point négatif, c’est la recherche de financements pour les projets qui a été très dure.

Afrik : Les Miss sont-elles appréciées au Togo ?

Léa Anippah : Oui, beaucoup.

Sandrine Agbokpe : Les Miss ont une très bonne image. Quand j’allais dans les villages pour parler du sida, j’étais très bien accueillie. Les gens étaient impressionnés de me voir en vrai. Et dans les écoles, les élèves ne voulaient pas rater la Miss qui parle de sexe !

Afrik : Que pensez-vous du boycott de Miss Monde au Nigeria en novembre prochain ?

Léa Anippah : Je souhaite boycotter. Je vais imposer cette idée car je suis contre cette condamnation à mort.

Sandrine Agbokpe : Je suis pour le boycott si la condamnation est maintenue. Si elle est levée, alors je ne vois pas de problème pour que la Miss participe.

Afrik : Quels sont vos projets ?

Léa Anippah : Lorsqu’on est Miss au Togo, on fait des études à côté. Et c’est ce qui est le plus important pour moi. Je me suis inscrite en gestion d’entreprise à l’Université de Lomé.

Sandrine Agbokpe : Je veux poursuivre le projet que j’ai présenté au Comité Miss Togo l’année dernière, qui concerne l’amélioration de la condition des portefaix. C’est quelque chose que me tient à coeur et un an n’a pas suffit à le mener à bien. Je vais me servir de ma carte de visite d’ancienne Miss. Côté travail, j’ai plusieurs métiers en tête… Après des cours de business administration au Ghana et d’informatique à l’académie des femmes au campus de Yaoundé, je vais peut-être me spécialiser dans le e-business au Togo. De toute façon, le contrat d’une Miss dure 5 ans : un an d’activité à temps plein et quatre ans pendant lesquels on vous suit.

Afrik : Que pensez-vous l’une de l’autre ?

Léa Anippah : Je m’entends très bien avec Sandrine. Elle m’explique comment ça marche !

Sandrine Agbokpe : Depuis que j’ai passé mon titre à Léa je me sens plus libre. Parmi les 20 filles en lice, elle a mérité cette place. J’avais d’ailleurs deviné qui étaient les cinq finalistes !