Panel ONE Vote 2012 : l’Afrique s’invite aux présidentielles

Un panel organisé dans le cadre de la campagne ONE Vote 2012 a permis ce mercredi de braquer les projecteurs sur les relations entre la France et l’Afrique, continent qui est le grand absent des débats électoraux.

Melinda Gates, la co-présidente de la Bill & Melinda Gates Foundation, a introduit le débat par quelques exemples concrets de réussites de l’aide au développement qui porte ses fruits sur le terrain : « il est inspirant de voir que malgré la situation économique, les Français ont continué à donner la priorité aux besoins des plus pauvres. L’aide française a permis de sauver des millions de vies, et nous savons que le planning familial est l’un des investissements les plus efficaces. L’accès à la contraception sauve la vie de femmes et d’enfants et permet aux familles d’investir dans le développement et la croissance de leurs enfants ».

Jean-Michel Severino, membre du pôle international de la campagne de François Hollande et ancien directeur général de l’Agence française de Développement (AfD), et Marie-Do Aeschlimann, secrétaire nationale de l’UMP chargée des Droits de l’Homme et de l’Action humanitaire, ont par la suite pu exposer les programmes des deux principaux candidats à l’élection présidentielle en matière de relations entre la France et l’Afrique, passant en revue les politiques proposées, de l’aide au développement à l’encadrement des investissements de nos entreprises dans les pays les plus pauvres.

« Nicolas Sarkozy fera le 0,7 (pourcentage souhaité du RNB pour le développement, ndlr) d’ici à 2015 », a déclaré d’entrée Marie-Do Aeschlimann, assurant que « la France a augmenté son aide au développement de 30% depuis 2007 ». Elle a assuré qu’en cas de réélection, le président de la République allait se battre pour l’adoption d’une loi imposant la transparence aux sociétés des secteurs extractif et forestier, ainsi que l’adoption d’une taxe sur les transactions financières au niveau européen.

« Les Français sont en faveur d’un accroissement de l’Aide publique au développement. Ils ne prennent pas la crise comme prétexte », a rappelé Jean-Michel Severino en s’appuyant sur le sondage publié mardi par ONE montrant que 81% des Français estiment qu’il est important d’aider les plus démunis. « Mais ils demandent aussi plus d’éthique, de responsabilité et de transparence à leurs dirigeants », a ajouté le représentant du PS jugeant que « l’APD est devenue un concept incompréhensible et illisible ». « François Hollande veut revoir le concept lui-même », a-t-il promis rappelant que « l’important est le résultat, alors que l’aide n’est qu’un moyen ».

Pour Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri et autre invitée du panel, l’enjeu consiste à trouver de « nouveaux modèles de développement » qui partiront de « l’émancipation des gens ». « On n’est pas un modèle, mais nous devons participer au débat sur ces nouveaux modèles de développement », a-t-elle assuré.

Ce panel, organisé en partenariat avec l’Institut du Développement durable et des Relations internationales (Iddri), l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Huffington Post, a également été l’occasion de présenter les principaux enseignements d’un sondage réalisé par Harris Interactive sur les questions de développement. Il en ressort notamment qu’une immense majorité de Français (81%) estime que l’aide publique française doit être maintenue ou augmentée pour honorer les promesses de la France.

« Il ne faut jamais oublier que derrière les chiffres il y a des vies humaines », a expliqué Guillaume Grosso, directeur de ONE France. Pour l’organisateur du panel, comme pour Daniel Verger, directeur général de Coordination Sud, « il est singulier que le futur président de la République ne se soucie pas ou peu de l’Afrique » jusqu’ici absente du débat électoral. « Les défis sont partagés », a rappelé Guillaume Grosso.

Voir le site : onevote2012.one.org

Lire l’interview de François Hollande sur Afrik.com : « Le regard français sur l’Afrique doit changer »