Paludisme : gare au gorille !

Une équipe de scientifiques composée de Français, d’Anglais, de Gabonais, d’Américains et de Camerounais ont publié une étude dans la revue Nature, le 23 septembre, démontrant que le gorille était l’hôte du paludisme, bien avant l’homme. Il a transmis la maladie à l’homme, selon les scientifiques.

Les gorilles aussi ! Le grand singe d’Afrique, en voie de disparition, est porteur comme les humains du paludisme, une maladie transmise par les moustiques Anophèles. Par leur piqûre, ces derniers inoculent des parasites dont le plus virulent est le Plasmodium falciparum.

Un groupe de chercheurs internationaux (Cameroun, Gabon, Etats-Unis, France) a réalisé une étude sur 10 ans, publiée dans la revue Nature, sur 57 sites d’Afrique centrale où 3000 gorilles ont été analysés. Le point de départ de l’expérience était de connaître la prévalence du VIH sur les primates africains. Mais finalement, les scientifiques ont remarqué durant leurs recherches que certains gorilles portaient le parasite du paludisme Plasmodium falciparum qui est proche de celui de l’homme. Le virus est répandu chez 32% à 48% des gorilles d’Afrique de l’ouest et les chimpanzés.

Le moustique a deux proies

D’ailleurs, ils ne savent pas si l’infection provoque une maladie chez l’animal. «Les gorilles sont infectés par plusieurs souches de P. falciparum, dont une est l’ancêtre de la souche qu’on retrouve chez l’homme», explique le chercheur de l’Institut de recherche pour le développement. Selon Éric Delaporte, médecin épidémiologiste à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et co-auteur de l’étude, la contamination s’est déroulée entre 5 à 7 millions d’années pour le gorille. Par l’intermédiaire d’un moustique primatophile qui, en piquant le singe puis l’homme, a transmis le parasite Plasmodium falciparum, la forme la plus mortelle, la plus virulente et la plus fréquente à ces deux espèces. D’après M. Delaporte, le gorille était la première victime du paludisme et l’homme, la deuxième. D’où cette déclaration du médecin de l’IRD : «Ce sont bien les gorilles qui ont contaminé les humains, et non l’inverse » Selon le scientifique, «La contamination se serait produite entre – 5000 et – 400.000 ans par l’intermédiaire d’un moustique primatophile qui, en piquant le singe puis l’homme, aurait transmis à ce dernier le parasite Plasmodium falciparum».

Les gorilles infectés par la maladie dans l’ouest de l’Afrique centrale sont en contact avec la population à cause de la déforestation. Par conséquent, ces animaux sont devenus un réservoir de parasites majeur pour les humains. La proximité des moustiques dans ce milieu forestier est la cause de cette infection. Car ce sont bien les Anophèles qui restent le seul transmetteur du paludisme à l’être humain et au gorille. Pour lutter contre le paludisme, le meilleur remède reste la moustiquaire.