Ouverture du Sommet Etats-Unis/Afrique : l’économie au centre des débats

Plus d’une quarantaine de pays africains sont reçus, ce lundi, par le Président américain Barack Obama, aux Etats-Unis, pour l’ouverture d’un sommet historique. L’épidémie Ebola, la situation sécuritaire, seront des thèmes abordés, mais l’économie sera au centre des débats avec la « Chinafrique » en ligne de mire.

Le sommet Etats-Unis/Afrique s’ouvre ce lundi, et jusqu’à mercredi, en présence d’une quarantaine de chefs d’Etat africains et du Président américain Barack Obama, à Washington. Les relations économiques seront l’axe majeur de cette réunion historique à laquelle nombre d’entreprises américaines participent.

Un continent mal connu aux Etats-Unis

Ce sommet est l’occasion pour les chefs d’Etat africains de faire des affaires. Des rencontres sont prévues en marge des réunions officielles entre les Présidents africains et des chefs d’entreprises et des parlementaires américains. Les Etats-Unis auront l’occasion d’approfondir leur connaissance de ce continent encore mal connu, qui est doté de l’image négative d’une zone de conflit permanente, peu propice aux investissements.

Les participants vont aussi plancher, ce lundi, dans la capitale américaine, à la Banque mondiale, sur la renégociation de l’AGOA (African growth and opportunity act). Cette loi sur la mise à profit de la croissance africaine, adoptée en 2000, a marqué l’arrivée américaine sur le marché africain. Ce texte juridique permet à une liste de produits manufacturés africains d’être exemptés de taxes à leur arrivée aux Etats-Unis. Il va être débattu à nouveau, arrivant à expiration en 2015. Mais l’AGOA n’a pas bénéficié prioritairement à l’Afrique puisque depuis sa mise en place, les exportations américaines vers l’Afrique ont triplé tandis que les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique ont plus que doublé.

Rattraper son retard sur la Chine

Les Etats-Unis veulent s’assurer un rôle de leadership en Afrique alors qu’ils ne sont plus qu’à la troisième place du classement sur le niveau des échanges commerciaux avec le continent, derrière l’Union européenne, largement en tête, et la Chine. Ce dernier pays qui s’abstient de donner des leçons de bonne gouvernance est apprécié pour sa non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

« Mon conseil aux dirigeants africains est de s’assurer que si la Chine construit des routes et des ponts, d’une part ils embauchent des travailleurs africains, d’autre part que les routes ne relient pas seulement les mines au port qui permettra de rallier Shanghaï, mais que les gouvernements africains aient leur mot à dire dans la façon dont ces infrastructures seront bénéfiques sur le long terme », a indiqué récemment le Président américain au magazine The Economist.

Un aspect sécuritaire important

Le dossier sécurité occupera aussi les discussions, notamment au sujet d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), des attaques de Boko Haram au Nigeria, de la guerre civile au Soudan du Sud ainsi que de l’activité meurtrière des shebab somaliens au Kenya.

Pour le Président Obama, l’un des sujets centraux de ce sommet sera de « trouver les moyens de renforcer les capacités africaines dans les efforts de maintien de la paix et de résolution des conflits ». L’épidémie Ebola, qui a fait plus de 700 morts en Afrique de l’Ouest, sera aussi longuement évoquée.