Ouverture du 2ème sommet UE-Afrique à Lisbonne

Le deuxième sommet entre l’Union européenne (UE) et l’Afrique a démarré ce samedi matin (10h 30 GMT) à Lisbonne, au Portugal en présence de plus de 70 dirigeants africains et européens, dont le président zimbabwéen Robert Mugabe, très critiqué par la Communauté internationale.

Les débats à ce 2ème sommet, qui intervient sept ans après la première édition tenue au Caire (Egypte), s’articulent autour de cinq thèmes, à savoir : Paix et sécurité ; Démocratie et droits de l’homme ; Commerce et développement ; Environnement (changement climatique) et énergie ; Migration et Emploi.

Ces cinq principales thématiques seront au centre de « la stratégie conjointe » qui devra être adoptée, dimanche, entre la Commission européenne et les chefs d’Etat africains, accompagnée d’un plan d’action définissant 8 domaines prioritaires de partenariat à mettre en oeuvre dans trois ans, avant un prochain sommet prévu en 2010 en Afrique.

Le sommet de Lisbonne essayera, selon les observateurs, de lancer un nouveau partenariat entre l’UE et l’Afrique, à un moment où le continent africain commence à susciter un intérêt croissant pour les grandes puissances économiques asiatiques, notamment la Chine, en plus de la tentative pour la réduction de la fracture entre le développement des deux continents.

Les documents du sommet indiquent que les dirigeants africains et européens se pencheront sur la révision des relations entre les deux continents, dans le cadre d’une nouvelle dynamique qui devrait tourner la page des relations « coloniales » qui ont perduré entre l’Europe et l’Afrique plusieurs siècles durant.

« Il nous faut tourner la page post-coloniale en instaurant un véritable partenariat d’égal à égal entre l’Europe et l’Afrique », avait déclaré, vendredi, le secrétaire d’Etat portugais aux Affaires étrangères et à la Coopération, Joao Gomes Cavinho.

Pour l’actuel président en exercice du Conseil de l’UE, le Premier ministre portugais José Socrates, ce 2ème sommet euro-africain permettra d’élaborer « non pas une stratégie de l’Europe pour l’Afrique, mais une stratégie conjointe pour la première fois dans l’histoire des deux continents ».

Le 2ème sommet UE-Afrique avait été, rappelle-t-on, retardé pendant environ 7 ans, à cause de l’opposition de certains pays européens, avec à leur tête la Grande-Bretagne, à la présence du président zimbabwéen Robert Mugabe à Lisbonne, en raison des sanctions imposées par l’UE aux dirigeants de ce pays d’Afrique australe.

Mais, la solidarité des autres dirigeants du continent avec le Zimbabwe, dans le cadre de l’Union africaine (UA), n’a laissé aucune alternative à l’Europe, qui ne pouvait plus continuer à retarder la tenue de cette réunion, notamment au regard de la conquête par la Chine des marchés africains.

Le président Robert Mugabe participe à Lisbonne à ce sommet, alors que la Grande-Bretagne s’est contentée de se faire représenter par l’un de ses Lords (membre de la seconde chambre du Parlement).