Outtara est Ivoirien mais…

La justice ivoirienne a délivré, vendredi dernier, son certificat de nationalité à l’ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara. Depuis, la Côte d’Ivoire vit au rythme d’une grande polémique. Le concept de l’ivoirité refait surface.

Alassane Ouattara occupe de nouveau le devant de la scène politique ivoirienne. La justice lui a délivré son certificat de nationalité vendredi dernier. Le leader du Rassemblement des républicains (RDR) peut enfin se présenter devant les électeurs pour un mandat politique. Mais la polémique n’a cessé d’enfler, au point de créer des manifestations de joie et de colère dans les principales villes ivoiriennes. La forte pluie qui s’est abattue lundi dernier à Abidjan n’a pas empêché de jeunes Ivoiriens, emmenés par le président du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP) de prendre d’assaut le tribunal d’instance pour demander l’annulation du certificat délivré à Alassane Ouattara. Le Procureur général a fait état de son intention de déposer un recours d’annulation mais n’est encore passé l’acte.

Campagne de dénigrement

La presse proche du pouvoir se déchaîne contre la reconnaissance de l’ivoirité d’Alassane Ouattara. Le passé de la juge qui a délivré le fameux certificat est déterré. Les lecteurs découvrent que Matto Lomé s’appelle Cissé depuis son mariage, un nom à connotation nordique, donc musulmane et par conséquent, a fortiori, pour ses détracteurs, proche de l’ancien Premier ministre. Devant le tollé soulevé par cette affaire, ministres et officiels se relaient à la télévision pour désengager le gouvernement du bourbier.

 » La délivrance du document est intervenue le vendredi 28 juin, tout simplement parce que le récipiendaire a déposé sa demande à cette date-là. De même que c’est librement que M. Ouattara a agi, de même, c’est librement que le juge lui a délivré le certificat de nationalité et le FPI en prend acte « , explique longuement dans sa déclaration le Secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), parti du président Laurent Gbagbo, Sylvain Miaka Ouretto.

Le pouvoir joue donc l’apaisement et tente de concrétiser les résolutions du Forum de réconciliation, achevé en janvier dernier.

Pour aller plus loin :

Alassane dit tout

Henriette Diabaté, Jeanne d’Arc à l’ivoirienne .