Ouganda : énorme bagarre au parlement et situation explosive à Kampala

De violents affrontements ont éclaté entre parlementaires lors de la deuxième journée de discussion d’un projet de loi visant à supprimer la limite d’âge pour les candidats à la présidence. Des policiers se sont déployés dans la capitale pour éviter des manifestations d’opposants à cette mesure qui permettrait au président Yoweri Museveni, 73 ans, de briguer un nouveau mandat en 2021.

Un journaliste de Reuters qui était présent au Parlement a déclaré qu’il a vu des supports de microphones servir d’armes, et au moins deux parlementaires se sont effondrés dans l’affrontement.

Au moins 25 députés opposés à cette évolution constitutionnelle ont été suspendus pour avoir participé aux combats.

En vertu de la constitution existante, l’éligibilité d’un candidat à la présidence est soumise à un plafond d’âge de 75 ans. Cela rend impossible un nouveau mandat du président Yoweri Museveni, 73 ans, au pouvoir depuis plus de trois décennies, qui ne pourra se représenter au prochain scrutin en 2021. La suppression de la limite d’âge permettrait de dégager cet obstacle.

La proposition visant à modifier la constitution, qui fait écho à ce qui se fait dans d’autres pays d’Afrique, a suscité une large opposition des militants des droits de l’homme, de l’opposition politique, des chefs religieux et même de certains membres du parti au pouvoir de Museveni.

Les combats ont d’abord éclaté au Parlement mardi, ce qui a amené l’organisme de régulation de l’Ouganda, dans un avis publié mercredi, a déclarer que les radios et les stations de télévision devraient arrêter les diffusions en direct d’événements qui «incitent le public à la violence, discriminent, soulèvent la haine, favorisent une culture de la violence … et sont susceptibles de créer une insécurité publique», en l’occurrence les débats des parlementaires !!!

Des policiers et des militaires ont été déployés autour du parlement et dans de nombreuses zones de la capitale, Kampala.