Ouganda : des gradés de l’armée suspendus pour abus sexuels en Somalie

Près de 15 militaires ougandais, membres du haut commandement militaire, accusés d’exploitation sexuelle envers des civils, au cours de missions en Somalie, ont été démis de leurs fonctions.

L’armé ougandaise a déclaré, ce jeudi, avoir suspendu 15 membres du haut commandement militaire, accusés d’exploitation sexuelle à l’encontre de femmes en Somalie. L’ONG américaine Human Rights Watch avait lancé l’alerte dans un rapport accablant publié le 8 septembre dernier qui décrivait des cas de viols en Somalie par des soldats de l’AMISOM, la mission de l’Union africaine dans le pays.

« Nous effectuons une évaluation globale du comportement de la force », a indiqué le porte-parole de la Défense et de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda, rapporte France 24. Il poursuit : « il ne s’agit pas seulement de harcèlement sexuel ». « Ce sont des allégations. Nous enquêtons. Nous ne connaîtrons leur implication que lorsque les enquêtes auront été menées à terme. Mais pour l’instant, ils sont suspendus », a déclaré Paddy Ankunda, précisant que deux généraux figurent parmi les militaires suspendus.

Un rapport qui va à l’encontre des efforts de paix

Le rapport de l’ONG américaine évoque des événements qui se sont déroulés dans la capitale de la Somalie, Mogadiscio. Des troupes ougandaises et burundaises y sont déployées. Il explique que des femmes qui se rendaient dans le camp de l’AMISOM pour chercher des médicaments pour leurs bébés étaient forcées d’avoir des relations sexuelles avec des soldats. Cette situation a été rendue favorable par le fait que des civils ont afflué dans des camps autour de la capitale depuis la famine qui a ravagé le pays en 2011.

La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a demandé l’ouverture d’une enquête sur le sujet, qui devrait s’achever le 30 novembre. L’organisation panafricaine a indiqué que le rapport de l’ONG allait à l’encontre des efforts de paix en Somalie.

La mission de l’AMISOM comprend 22 000 soldats originaires de six pays différents. Ils se battent en Somalie depuis 2007, aux côtés des troupes gouvernementales du pays, contre les shebab, une organisation islamiste extrémiste.