Ouganda : derniers rebondissements de campagne

Lundi 12 mars, l’Ouganda va élire son président. La victoire de l’actuel chef de l’Etat, Yoweri Museveni, est plus que probable. Pourtant c’est la première fois que sa place est aussi sérieusement remise en question depuis son arrivée au pouvoir en 1986.

Lundi 12 mars, les Ougandais sont appelés à élire leur futur président. Alors que la campagne électorale touche à sa fin, les cinq candidats d’opposition rencontrent aujourd’hui la commission électorale du pays. Ils accusent le chef d’Etat ougandais, Yoweri Museveni, candidat à sa propre succession, d’orchestrer une campagne d’intimidation à l’encontre de leurs partisans, et menacent de boycotter les élections de lundi.

Le principal adversaire de Museveni, Kizza Besigye, l’accuse de vouloir acheter des personnes de son équipe et de faire pression sur elles. L’actuel président nie en bloc. Il est le chef de l’Etat depuis 1986, date à laquelle il impose le Mouvement –  » système d’alternance de la démocratie  » qui bannit les partis politiques. Autrement dit : impossible de se présenter sous l’étiquette d’un parti officiel. Dénoncé comme anti-démocratique, malhonnête et corrompu, le Mouvement sert, selon le président, à maintenir la stabilité politique, sociale et ethnique en Ouganda.

Nouvelle donne

Les multi-partistes sont les opposants traditionnels de Yeweri Museveni mais aujourd’hui, la donne a changé. Car si Kizza Besigye se dit réformateur, il est lui-même mouvementiste. Le président hurle à la trahison, tandis que son challenger, ancien physicien et colonel à la retraite, annonce qu’il fera 70% des voix au premier tour. Les sondages d’opinion le voient pourtant derrière l’omnipotent Museveni. Ce qui est sûr, c’est que sa candidature a réveillé une campagne électorale jouée d’avance.

Les autres candidats en lice sont crédités d’à peine 10% des votes et ne pourront espérer avoir un poids politique que si un second tour Museveni/Besigye a lieu. Le multi-partiste Aggrey Awori, l’universitaire Mohammad Kibirige Mayanja, le chef d’entreprise Chapaa Karuhanga et l’avocat Francis Bwengye, tous se prononcent pour un retour à un système de gouvernement pluraliste.