Ouganda de mes amours

Moses Isegawa est ougandais. Il a 37 ans. Et il a écrit,  » Chroniques Abyssiniennes  » , un livre grandiose que la France peut enfin découvrir grâce aux éditions Albin Michel.

 » Chroniques Abyssiniennes  » est un livre majeur. La première phrase vous saisit, la première page vous emballe, et le texte tout entier vibre d’une force qui ne vous quittera plus. En suivant l’histoire de Mugezi,  » le brillant  » ou  » intelligent « , c’est l’Histoire d’un pays qui défile. L’Ouganda qui des années 60 aux années 80 a vécu son indépendance, le coup d’Etat du général Amin, la guerre civile, les déchirements, les luttes tribales, les rivalités religieuses, la terreur.

Mugezi commence sa vie dans le village de Mpande Hill. Son père Serenity, et sa mère Cadenas, partis à la ville, le laissent sous la protection de Grand-pa. Mugezi vit alors la plus belle époque de sa vie. Entre les visites d’oncle Kawayida, le  » magicien, mine inépuisable d’histoires fabuleuses, parfois terrifiantes « , et de tante Tiida ou  » Miss savon sunlight « , il aide Grand-ma à soigner les femmes enceintes, dont il devient rapidement la mascotte.

Il rejoint ensuite ses parents, et commence pour lui la souffrance d’être face à une mère tyrannique et obsessionnelle qui le martyrise.  » J’étais écoeuré à l’idée d’appeler cette femme  » mère « . Cette nécessité quotidienne de mentir en l’appelant d’un nom auquel je ne croyais pas me familiarisa très tôt avec la fiction et les illusions du pouvoir.  » Il trouve des échos de sa guerre personnelle dans celle qui fait rage dehors : son parrain devient le général Amin, il dirige sa propre révolution et ses bêtises deviennent des coups d’Etat envers l’autorité parentale.

Un pays dans la tourmente

Mugezi grandit, et avec lui les tensions qui ravagent son pays :  » L’Ouganda était en état de siège, terrassé, secoué comme un papillon de nuit par les spasmes de la mort. Le coeur du pays était telle une grenade déjà dégoupillée.  » Lucide et passionné, Moses Isegawa nous offre une leçon de vie magistrale au coeur d’un pays en pleine tourmente.

Paru en 1998 aux Pays-Bas,  » Chroniques Abyssiniennes  » s’y est vendu à 100 000 exemplaires, et certains critiques comparent déjà l’auteur à Gabriel Garcia-Marquez ou à Salman Rushdie. Le public français peut aujourd’hui découvrir cette plume unique. A ne pas rater.

Commander le livre Editions Albin Michel.