Ouagadougou accueille le Xème Sommet de la Francophonie


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Le Xème Sommet de la Francophonie qui s’ouvre ce vendredi à Ouagadougou (Burkina Faso) est un Sommet fraternel. Il porte l’espérance d’une autre mondialisation, fondée sur le respect du droit des minorités et une vraie solidarité entre les peuples.

Depuis plusieurs semaines Ouagadougou voit fleurir, le long de ses avenues, sur ses murs, dans ses vitrines, les affichettes aux couleurs vives du Xème Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie. Le Burkina Faso a mis les petits plats dans les grands, et sa tradition d’hospitalité et d’ouverture n’est pas prise en défaut.

Les dix derniers jours ont déjà été chargés, avec la réunion de nombreuses ONG francophones, les Assises succédant aux Assemblées générales, les écrivains croisant les journalistes, les comptables alternant avec les juristes. Une foule d’Associations, traitant tous les sujets, mais avec cette spécificité de réunir en leur sein des représentants de multiples pays membres de la Francophonie, ont commencé à animer les principaux lieux d’accueil ou de réception de la capitale burkinabé.

Ruche internationale

Ouagadougou s’est transformée en ruche internationale, et c’est sans doute le trait qui frappe d’emblée. Rarement l’ampleur des coopérations professionnelles, techniques, culturelles, qui existent au sein de l’ensemble francophone n’est apparue aussi clairement.

Bien sûr, les Chefs d’Etat vont se réunir, et il réfléchiront ensemble à la paix et à la guerre, à la manière d’équilibrer les relations complexes entre les nations, ou tenteront de peser sur la mise en œuvre effective de la démocratie dans tel ou tel d’entre eux. Il est à souhaiter qu’ils parviennent collectivement à apaiser les tensions fratricides qui s’exacerbent en Côte d’Ivoire, à favoriser des avancées économiques partagées pour le continent africain.

Mais l’essentiel n’est pas là : l’essentiel, c’est aujourd’hui la mobilisation croissante d’une foule d’ONG, de volontaires, de bénévoles, de passionnés, qui ont compris que l’espace francophone leur donnait une capacité de dialogue international et d’action effective, efficace, directe, dès lors qu’ils pouvaient fédérer leurs besoins ou leurs moyens entre plusieurs pays, plusieurs continents.

« Civilisation de l’Universel »

Car la Francophonie, ce ne sont pas d’abord les Etats, ce sont les peuples qui la font. La meilleur preuve en est bien l’Algérie, qui après des décennies d’arabisation volontaire, rejoint à petit pas les rangs francophones, et accepte de profiter de ce que nous offre l’accès immédiat au patrimoine culturel francophone. Cette langue française que Kateb Yacine décrivait comme un « butin de guerre » de la Révolution algérienne.

Cette langue française où Léopold Sédar Senghor, le poète-président, comme toujours visionnaire, reconnaissait le relais rationnel et puissant d’une « Civilisation de l’Universel » fondée sur la justice et le respect mutuel des cultures diverses -à un moment où la « globalisation » chère aux anglophones commençait à peine à s’esquisser.

Avec la langue française, ce sont les valeurs des Lumières, la démocratie, le partage, la fraternité que nous devons ensemble mettre en œuvre. Elles construisent la perspective d’une autre mondialisation. A une condition : que la mobilisation soit générale, et que les Sommets francophones, comme ici à Ouagadougou, ne restent pas de grands messes symboliques où trinquent les Chefs d’Etat.

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