Otages algériens : les islamistes du Mujao lancent un ultimatum à Alger

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) menace de s’en prendre à la vie de ses otages algériens, enlevés le 5 avril dernier, si Alger ne réagit pas dans un délai « de moins de trente jours ». Le groupe terroriste réclame depuis début mai la libération de plusieurs islamistes détenus en Algérie et 15 millions d’euros.

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a lancé « un ultimatum de moins de trente jours au gouvernement algérien pour satisfaire à (ses) revendications, sinon la vie des otages sera en grand danger ». Un communiqué a été envoyé par le groupe terroriste islamiste à l’Agence France Presse (AFP), peut-on lire dans une dépêche publiée ce mercredi. Le consul d’Algérie et six employés du Consulat ont été enlevés le 5 avril dernier à Gao. Ce kidnapping a été revendiqué par le Mujao deux jours plus tard. Le mouvement exige 15 millions d’euros et la libération de plusieurs islamistes détenus en Algérie pour rendre les otages à Alger. Outre les Algériens, le Mujao maintiendrait en captivité trois otages occidentaux : deux Espagnols et une Italienne. Pour la remise en liberté de ces derniers, elle réclame 30 millions d’euros.

Entre menaces et tentatives de négociations

Le groupe islamiste a fait part de ses revendications le 2 mai dernier, mais elles seraient restées sans suite. « Les otages sont encore vivants. Le gouvernement algérien connaît nos revendications (…) Il est encore temps de se parler. Après, il sera tard », a indiqué le porte- parole du Mujao, Adnan Abu Walid Sahraoui, dans son communiqué. Ce n’est pas la première fois que le Mujao menace ses otages et les autorités algériennes. Le 29 avril dernier, le mouvement islamiste avait déjà indiqué que la « vie des sept otages algériens (était) en danger », à la suite de pourparlers avec Alger qu’il a estimés infructueux.

Depuis l’enlèvement des diplomates algériens, qui seraient dans le Nord-Mali, le groupe terroriste a toujours affirmé qu’il souhaitait négocier avec l’Algérie.