Orient-Hermès : les mille et un voyages de Leïla Menchari


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Leïla Menchari et Frédéric Mitterrand

L’exposition Orient-Hermès. Voyages de Leila Menchari, célèbre le talent de la tunisienne Leïla Menchari, créatrice des vitrines d’Hermès depuis 1978. Elle y retrace ses aventures, ses voyages, à travers 8 vitrines et met également en scène les artisans tunisiens, si chers au cœur de la décoratrice. Elle se déroule en ce moment et jusqu’au 6 juin 2010 à l’Institut du Monde Arabe, à Paris.

Trois questions à Leila Menchari :

leila-menchari-portrait.jpgAfrik.com : Avez-vous beaucoup voyagé en Afrique ?

Leïla Menchari :
Oui, toutes ces vitrines sont le fruit de mes voyages et l’Afrique est un continent fabuleux, avec un artisanat remarquable. Je met beaucoup d’éléments d’Afrique dans mes vitrines. Car la nature est ma principale source d’information. Mais attention, je ne connais pas toute l’Afrique.

Afrik.com : Où avez-vous voyagé en Afrique ?

Leïla Menchari :
Mis à part la Tunisie, j’ai voyagé en Côte d’Ivoire. J’ai d’ailleurs été fascinée par la nature.
J’ai également été fascinée par les gens, leur façon d’oser les coloris, qu’on n’oserait pas porter en Europe. Ils peuvent tout porter. Ils ont un teint qui va avec tout et ils en profitent. J’ai également voyagé en Ouganda. Et là, c’est tout à fait autre chose. On a travaillé avec des enfants du sud Soudan, qui avaient perdu leurs parents dans les massacres .Un médecin nous a demandé ce qu’on allait faire pour eux. Nous, on a organisé un concours de peinture et on a utilisé les dessins pour faire des carrés Hermès, des tapis de bain, des cendrier.

Afrik.com : Quel effet cela vous fait-il de voir vos voyages exposés, ici, à l’Institut du monde arabe ?

Leïla Menchari :
C’est très émouvant. Quand je fais un décor, d’habitude je le livre à l’acheteur et puis voilà, c’est tout, il n’y a pas de retour. Ici, je suis à l’extérieur, je fais découvrir mon travail, je vois l’accueil fait par les gens c’est impressionnant. Et cela fait plaisir de voir qu’on apprécie mon travail, car je me suis appliquée pour arriver à ce résultat.

Il est une femme que l’écrivain Michel Tournier surnommait « la Reine Mage ». Il est une femme qui offre des voyages aux passants pressés, à travers les vitrines d’Hermès qu’elle décore. Cette femme s’appelle Leïla Menchari, et l’exposition Orient-Hermès, qui a lieu en ce moment (du 19 mars au 6 juin 2010) à l’Institut du Monde Arabe à Paris, retrace ses itinéraires et ses découvertes.

La créatrice est diplômée des beaux Arts de Tunis, et de l’Ecole Nationale des Beaux Arts à Paris. Elle est devenue mannequin à sa sortie des beaux arts avant de rencontrer Annie Beaumel chez Hermès, qui en fit son assistante. Depuis 1978, elle présente quatre décors par an pour les vitrines de la célèbre maison de luxe.

C’est à travers huit décors que l’univers de Leila Menchari est présenté au public. Une véritable invitation au voyage, sur les pourtours de la méditerranée, et au delà, notamment en Afrique, une des sources d’inspiration de la créatrice. Une des vitrines nous amène sur les bords du fleuve Niger, où des animaux se désaltèrent paisiblement. « Evoquer le fleuve Niger est une manière de dire la nature, la puissance de l’eau, sa rareté parfois, sa violence aussi » écrit-elle dans le catalogue de l’exposition.

L’invitation au Voyage de Leïla Menchari

Au fil des vitrines, mille textures et couleurs s’offrent à l’œil des spectateurs. Baudelaire y retrouverait avec une ressemblance inouïe, les « meubles luisants, polis par les ans, […] les plus rares fleurs, les riches plafonds, la splendeur orientale.. » de son invitation au voyage. Le public, lui, s’envole.

Mais l’exposition, ne se limite pas à cela. Elle est aussi un moyen de partir à la découverte des artisans tunisiens, si chers à la décoratrice. Avec cette exposition, « je voulais faire un pont entre les artisans et l’art », déclare-t-elle, « je voulais parler des artisans d’exception ». Alors, au fil de l’exposition, on rencontre Mohamed Lidarssa, l’artisan dinandier [[Le dinandier réalise des objets par martelage à partir d’une feuille de cuivre d’étain ou de fer blanc.]] qui explique la signification de ses gravures. On admire le travail minutieux du maître mosaïste Mohamed Hedi Cochbati, venu d’El Jem, et on est subjugué par le travail qu’effectue, patiemment, le maître nattier venu de Nabeul.

Il est une femme dont le travail avait été qualifié de « manifeste de la beauté » par le ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand. Son exposition, jusqu’au 6 juin 2010 à l’Institut du Monde Arabe à Paris vous fera découvrir son univers.

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