On est tous des immigrés

L’Espagne vient de rentrer pleinement dans l’Europe. A pieds joints. Elle a harmonisé ses lois sur l’immigration de ses clandestins. Elle veut les cacher, les ignorer. L’histoire du cousin aliéné qu’on cache durant les repas pour ne pas choquer les invités. Mais les sans-papiers existent, ils sont faits de chair et de sang. En plus, ils ne sont pas aliénés. Ce sont les lois qui sont folles ou plutôt les législateurs. Sinon comment expliquer cet aveuglement idéologique, au moment où tous les économistes s’accordent à souligner les besoins de main d’oeuvre étrangère ? Comment ignorer les rapports qui préconisent un recrutement accru d’immigrés ?

L’Espagne harmonise ses lois sur le dos des Africains. C’est vrai qu’il est plus facile de taper sur le desperado marocain que sur le patron de Majorque. Même au nom de l’Europe, la matraque fait toujours mal à celui qui en reçoit le coup. Les ambitions électorales ne peuvent expliquer, à elles seules, ce recours répressif. Surtout de la part des Espagnols qui ont été, il n’y a pas très longtemps, des immigrants. L’histoire de la victime qui s’érige en bourreau. Décidément, il y a des leçons d’histoire qu’il vaudrait mieux éviter.