Obasanjo veut de l’appui pour son opération dans le Delta du Niger

Le Président Olusegun Obasanjo a sollicité, mercredi, l’appui de ses compatriotes et de la communauté internationale pour les efforts faits par son administration pour mettre un terme aux prises d’otages et autres actes criminels dans la région. Récemment, il avait été critiqué après sa décision de réprimer les militants séparatistes du Delta du Niger.

Par Panapress

« J’exhorte la communauté nigériane et la communauté internationale à faire preuve de compréhension et d’indulgence alors que nous faisons face à un défi pernicieux (dans le Delta du Niger) », a déclaré, propos de la recrudescence des kidnappings par les séparatistes, [le Président nigérian Olusegun Obasanjo] , lors d’une réunion avec les membres de la Stratégie pour la sécurité de l’énergie du Golfe de Guinée (GGESS) à Abuja.

Le chef de l’Etat nigérian a ajouté: « je veux profiter de cette occasion pour assurer à nos partenaires internationaux notre détermination inébranlable à protéger les vies et biens de la communauté expatriée mais aussi ceux des Nigérians qui vivent et travaillent dans la sous-région ». Cette réunion survient à la suite d’une vague croissante d’enlèvements, avec quelque 20 expatriés kidnappés par les militants séparatistes rien que ce mois-ci.

Une production pétrolière amputée de 600 000 barils par jour

Même si la plupart des otages ont été libérés sains et saufs, rien n’indique que les enlèvements contre paiement de rançon vont bientôt s’arrêter. Les prises d’otages et attaques contre les infrastructures pétrolières ont amputé la production journalière de pétrole brut du Nigeria (2,6 millions de barils par jour) de 600.000 barils et contraint certaines compagnies à quitter la région pétrolifère.

Le Président Obasanjo a rappelé sa récente directive à l’endroit des services de sécurité nigérians « d’arrêter et de poursuivre toute personne responsable de kidnapping, de destruction de matériel et d’agitation dans la région, peu importe l’objectif poursuivi et pour quel prétexte les criminels et terroristes procèdent à ces actes dangereux ». « J’ai également lancé un appel aux communautés, gouvernements locaux, gouvernements des Etats et compagnies pétrolières pour qu’ils résistent à la tentation de payer une rançon. Quiconque paie une rançon ou agit comme intermédiaire pour le paiement de la rançon est un complice et sera traité en tant que tel », a-t-il averti.

Lors de la réunion de mercredi, des membres du GGESS ont invité tous les partenaires à coopérer avec le gouvernement fédéral pour freiner la violence dans le Delta du Niger et encourager le développement social et économique. Le GGESS a été créé en 2005 suite à des troubles croissants dans le Delta du Niger et leurs implications politiques et économiques. Originellement formé par le Nigeria et les Etats-Unis, il a plus tard intégré la Grande-Bretagne, tandis que le Canada, la Suisse, les Pays-Bas et la Norvège devraient devenir des membres à part entière au terme de la session actuelle.