Obasanjo prié de démissionner

La chambre basse du parlement nigérian donne 15 jours au président Olusegun Obasanjo pour démissionner. En cas de refus, les députés entameront une procédure de destitution. Motifs : corruption et gabegie du régime.

 » Monsieur le président… nous vous conseillons donc de démissionner avec honneur de votre fonction de président et de commandant en chef des forces armées de la République fédérale du Nigeria d’ici deux semaines.  » Tel est le contenu de la motion, présentée par 90 députés et votée à la majorité par la Chambre basse du parlement nigérian.

Ce n’est pas la première fois que les députés s’en prennent au président nigérian, Olusegun Obasanjo, mais, cette fois-ci, ils donnent un ultimatum de 15 jours. En cas de refus, ils menacent d’engager une procédure de destitution contre lui. La charge des députés ne fait pas dans la nuance. Ils condamnent  » les insuffisances, l’inaptitude, le mépris persistant à l’égard de la règle de droit et la corruption évidente pratiquée au sein de la présidence « .

Corruption et incompétence

La réaction d’Olesugun Obasanjo ne se s’est pas faite attendre. Il a fait savoir, par son conseiller économique, qu’il n’a nullement l’intention de démissionner et que la décision des parlementaires est  » ridicule et risible « .  » La motion adoptée par la Chambre des représentants conseillant au président de démissionner est ridicule et elle prête à rire sur un sujet très sérieux, celui de la gouvernance. Excepté son effet nocif, elle constitue seulement un sujet d’irritation. Le président n’a pas à se laisser distraire de sa tâche « , explique Gbolade Oshinowo, le conseiller politique spécial du président.

Le bras de fer engagé par le président et les députés, à une année des élections présidentielles, remonte à quelques mois. Les parlementaires reprochent au président nigérian d’avoir violé la constitution en n’appliquant pas les budgets 1999, 2000, et 2001 alors que, dans le même temps, le bureau de la présidence préparait de larges dépenses extra-budgétaires. Maîtrisant à la perfection l’art de la communication, Olusegun Obasanjo a entamé, bien avant le vote de mardi, une campagne contre les députés. Il a su jouer sur le point faible : les salaires. Aux députés qui revendiquaient l’augmentation de leurs mensualités, le président prend à témoin le peuple en appelant les parlementaires à plus de patriotisme et à moins de dépenses. En clair, pas d’augmentation. Et court-circuitant l’Assemblée, il a demandé un audit des dix principaux ministères et même de la présidence.

En 2000, Transparency International, un organisme qui évalue la corruption dans le monde, a considéré que le Nigeria était le pays le plus corrompu parmi les 90 qu’il avait étudiés. Olusegun Obasanjo a été élu en 1999, à l’issue de quinze années de régime militaire.

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