NYF Africa 2013 : l’enjeu des nouveaux médias

Les enjeux des médias en Afrique deviennent de plus en plus diversifiés et concurrentiels, tel est le premier enseignement qui se dégage des réflexions engagées lors du Groupe de travail Médias du New-York Forum Africa, réuni le dimanche 16 juin 2013 à Libreville, Gabon. Le développement numérique du continent ouvre de nouvelles pistes de diffusion médiatique pour les médias anciens comme pour les nouveaux médias.

Quels sont les horizons de développement pour les médias africains, à l’ère numérique ? Plusieurs enjeux essentiels se dégagent des réflexions engagées dans le cadre du New York Forum Africa à Libreville, le 16 juin 2013 : d’abord, le numérique facilite la constitution de bouquets de programmes et leur distribution sur les pays africains ; ensuite, le numérique diminue les coûts de production pour des programmes voire des chaînes spécifiquement africaines ; enfin, le succès des médias africains tiendra d’abord à leur enracinement sur la terre africaine et à la « proximité » de leur relation avec leurs publics.

Acteurs de cet engagement permanent au service des médias africains, des personnalités aussi diverses qu’Afif Ben Yedder, Fondateur du Groupe IC Publications et Editeur de New African, African Business, African Banker, notamment… Mais aussi Zyad Limam, Propriétaire et éditeur du mensuel Afrique Magazine, Jean-Christophe Ramos, Directeur général de CANAL+AFRIQUE, Olivier Laouchez, Directeur général du Groupe Trace TV, ou Michael Peters, Président d’Euronews.

Les enjeux du développement des médias africains sont évidemment liés, pour Olivier Laouchez comme pour Jean-Christophe Ramos, à l’agrégation dans les grilles des chaînes éditées pour le marché africain, d’un nombre de croissant de programmes authentiquement africains. C’est également la clef du succès impressionnant de l’offre de CANALSAT en Afrique : la distribution des chaînes africaines, produites et élaborées en Afrique même, à partir de programmes africains. Jean-Christophe Ramos insista à juste titre sur le fait que la réussite de CANAL+AFRIQUE tient à la qualité des programmes offerts par cette chaîne, qui ne sont parfois pas disponibles sur le programme de CANAL+ en France même. De même, la volonté du Groupe CANAL+AFRIQUE d’éditer dans les prochains mois une chaîne panafricaine reposera sur une équipe africaine, sans doute basée en Afrique, et d’abord et avant tout sur des programmes africains.

Mis en cause par un représentant de la jeunesse gabonaise sur le traitement insuffisant de l’actualité africaine par les rédactions des grands médias internationaux, Michael Peters, Président d’Euronews, se livra à une forme de mea culpa inspiré : « oui il est vrai que les Médias internationaux se focalisent sur la vision de Reuters et de quelques agences occidentales et ne font pas suffisamment l’effort de regarder l’information offerte par les Agences panafricaines »… Comme L’Agence AFRIK.TV, partenaire cette année encore du New-York Forum Africa, et dont les équipes, dirigées par Adile Farquane, lui-même présent à Libreville, sont installées dans une quinzaine de pays africains (L’Agence AFRIK.TV est une filiale du Groupe AFRIK.COM, ndlr).

Les choses changent progressivement, la logique d’un marché tire peu à peu à lui les opérateurs : s’ils veulent profiter du nouvel élan économique qui touche désormais les médias en Afrique, ils se doivent d’être de plus en plus locaux, enracinés, conçus et édités dans la proximité. Promesse faite par Afif Ben Yedder, opérateur panafricain installé à Londres, comme par Aurélie Ganga, installée au Congo : l’heure est au développement de nouveaux médias africains, sur tous les réseaux, à partir des capacités de création et de production africaines. Ce sera aussi l’un des enjeux à relever lors de la numérisation des réseaux hertziens d’Afrique centrale : comment s’en servir pour donner plus de visibilité aux créateurs et producteurs culturels et audiovisuels locaux, et juguler l’invasion des images du Nord…