NTIC : ces experts qui ne comprennent rien à l’Afrique

L’e-business freine le développement des nouvelles technologies de l’Information dans les pays en voie de développement. En cause, les critères de solvabilité retenus par les bureaux d’études.

L’obsession du e-business entrave le développement des Nouvelles

Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) dans les pays émergents. C’est en tout cas la thèse avancée dans une expertise publiée par un cabinet de conseil sud africain, Bridges.com.

Selon le quotidien local  » The Business Day  » qui reprend les conclusions de ce rapport, les pays les plus pauvres, poussés en cela par les conseillers internationaux, consacreraient une part trop importante de leurs budgets prévus pour développer les NTIC, à des études destinées à mettre en évidence leurs éventuelles applications commerciales.

Le serpent qui se mord la queue

Quand elles ont lieu, la plupart de ces expertises débouchent sur des

conclusions négatives, en l’absence d’infrastructures et de clientèle jugées solvables. Or, les budgets alloués aux NTIC dans les pays d’Afrique sub-saharienne sont aussi maigres que ces expertises sont chères. Du coup, l’on dépense l’essentiel des ressources disponibles pour des rapports sceptiques plutôt qu’à développer les infrastructures nécessaires.

Parce qu’ils ne répondent pas aux premiers critères de sélection ( en fait, liés à la solvabilité des marchés) la quasi totalité des pays d’Afrique

sub-saharienne subissent le dédain pur et simple des agences d’expertise internationales dont dépendent les décisions des investisseurs. Seules l’Inde, la Chine, et pour l’Afrique, l’Egypte et l’Afrique du Sud auraient ainsi bénéficié d¹études poussées sur leur capacité de développement des NTIC.

Phénomène d’autant plus regrettable que pour les pays en voie de

développement, les NTIC offrent des opportunités bien différentes de celles en vogue dans les nations du Nord. Notamment, en mettant en évidence des nouvelles formes de communications, permettant d’économiser sur les frais colossaux indispensables à la mise en place d’infrastructures classiques, comme des réseaux de lignes téléphoniques fixes, des maillages routiers et des transports aériens, des services postaux inadaptés aux réalités locales.