Nouvelle découverte sur le VIH/SIDA

Les singes africains sont infectés par le virus de l’immunodéficience simienne (SIV1), un virus proche du VIH-1 du groupe 0 que l’on retrouve rarement chez l’homme, mais qui entraîne aussi le SIDA, selon les résultats d’une recherche menée pendant quatre ans par une équipe composée de Camerounais, d’Américains et de Français, présentée jeudi à Yaoundé par le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Mme Madeleine Tchuenté.

Selon le ministre, le Cameroun compte 510.000 Personnes vivant avec le VIH/SIDA, dont 14.000 enfants et les risques de contamination augmentent chaque jour. La recherche menée s’inscrit dans le cadre de la recherche sur les raisons de l’existence du SIV1 chez ces animaux, afin de trouver un traitement approprié permettant d’arrêter l’évolution du SIDA.

Pour le Dr Koula du Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS), les résultats présentés vont permettre de réduire les risques de transmission rapide entre les animaux infectés et les hommes. Selon elle, les singes infectés ne font pas encore la maladie, cependant leur sang peut constituer un danger pour l’homme qui les consomme ou les côtoient au quotidien.

Pour le Dr Poundi Ngole du Programme de prévention du SIDA au Cameroun, les populations ne doivent pas paniquer, car la contamination n’est possible que lors de la manipulation du sang et des excréments de l’animal infecté ou alors, lorsque l’individu est mordu ou griffé par celui-ci.

Vigilance au Congo

Pour le vétérinaire S. Loul, les pays riverains du bassin du Congo doivent redoubler de vigilance du fait de l’importance de ce bassin qui est le 2ème du monde après l’Amazonie du point de vue de la biodiversité. Selon lui, l’utilisation des armes de chasse peut-être à l’origine de la vulnérabilité des primates de cette zone tant fréquentée par les braconniers.

Selon la Française Cécile Neel, le fait que les singes infectés ne présentent pas les signes de la maladie ne doit pas être une raison pour les populations de ne pas se prémunir de mesures de prudence.

Elle rappelle que beaucoup de maladies transmises par les primates ont décimé les hommes sans que l’on s’en rende compte, comme pour le SIDA découvert seulement en 1983 aux Etats-Unis, alors que les sérums prélevés sur des personnes mortes dans les années 50 au Zaïre ont signalé la présence du VIH.