Nouveau gouvernement au Zimbabwe : les papys du Zanu-PF toujours en place

Le Président réélu du Zimbabwe, Robert Mugabe, a formé, ce mardi 10 septembre, un nouveau gouvernement pour son sixième mandat présidentiel. Exit la coalition, place aux papys du Zanu-PF.

La vieille garde du Président Robert Mugabe a toujours la cote et reste bien dans le gouvernement. 33 ans que l’octogénaire (89 ans) est au pouvoir et ses hommes forts toujours à ses côtés. Le nouveau gouvernement formé ce mardi 10 septembre met fin à la coalition entre le parti de Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), et celui de son adversaire Morgan Tsvangirai, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), au profit des vieux et fidèles amis du seul président qu’a connu le Zimbabwe indépendant.

33 ans de pouvoir et toujours les mêmes

Sans surprise, le nouveau cabinet formé par Mugabe pour les prochaines cinq années est resserré autour de ses alliés et fidèles de longue date. Les membres-clé de la Zanu-PF gardent le cap pour le quinquennat qui vient de débuter. Certains membres qui sont au pouvoir depuis l’indépendance du pays n’ont pas pris une seule ride politique. A l’exemple d’Emmerson Mnangagwa, qui a troqué le ministère de la Défense pour celui de la Justice. Patrick Chinamasa, passe de la Justice aux Finances. Ces deux hommes ont la particularité – comme tant d’autres qui sont restés au gouvernement – d’avoir connu des portefeuilles ministérielles depuis 1980, la date de l’arrivée de Mugabe au pouvoir.

Retour des anciens bannis

Mugabe semble décidé à resserrer son pouvoir autour de ses amis de longue date, pour son « dernier mandat présidentiel ». Certains notables perdus dans les rangs de la Manu-PF marquent leur retour. C’est le cas de Jonathan Moyo, disgracié en 2008 pour s’être présenté comme candidat indépendant à la Présidentielle. Il revient à un poste qu’il a déjà connu, celui de ministre de l’Information. Un grand défenseur de « la cause zimbabwéenne » ; c’est lui qui avait rédigé, en 2002, les lois sur les médias qui avaient provoqué l’expulsion de la plupart des journalistes étrangers du Zimbabwe et la fermeture d’un certain nombre des médias locaux.
« Le gouvernement a été réduit de 33 à 26 (membres) dont 24 ministres », a informé le chef du cabinet, Misheck Sibanda, aux journalistes.

Un mois après l’élection qualifiée d’« énorme farce » par Tsvangirai, la nouvelle équipe formée par Mugabe met fin au précédent fragile gouvernement de coalition. Ce nouveau gouvernement n’a pas de Premier ministre, poste supprimé par la nouvelle Constitution adoptée en mars dernier.