« Nous avons fui le 3e mandat, la crise politique n’est pas là », le message des réfugiés burundais à Evariste Ndahishimiye

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Le chemin semble balisé au Burundi après l’investiture du nouveau gouvernement, le 18 juin dernier. Des réfugiés burundais vivant depuis 2015 dans le Camp des réfugiés de Mahama situé dans le sud-est au Rwanda ont exprimé la volonté d’être rapatriés. Une demande qui témoigne de la confiance du peuple burundais envers le régime Evariste Ndahishimiye.

Des réfugiés burundais vivant dans le camp des réfugiés de Mahama, dans le sud-est du Rwanda ont compris le message du nouveau gouvernement, leur exhortant de rentrer au pays. Dans une lettre adressée au chef de l’État Evariste Ndahishimiye, 331 réfugiés plaident pour leur rapatriement en vue de bénéficier de tous les droits qui leur sont reconnus par la Constitution de leur pays.

Selon eux, cette demande est motivée par le changement de système politique ainsi que la vie marquée par les défis socio-économiques auxquels ils font face au Rwanda. « Nous vous demandons, Excellence Mr le président de la République du Burundi, de nous rapatrier dans la dignité et la légalité en tant que vos enfants. Nous avons fui le 3ème mandat, il n’est plus d’actualité, la crise politique n’est pas là. Les manifestations ou le mouvement insurrectionnel ont été maitrisés. Donc rien ne peut justifier que nous restions en exil avec toutes ces conditions de vie intenables », peut-on lire dans cette lettre.

Bujumbura est favorable à leur rapatriement

En effet, cette demande de rapatriement est une suite favorable au souhait du chef de l’État burundais, qui lançait, lors de son investiture « rentrez si vous voulez et nous sommes ici à vous écouter ». A en croire le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le gouvernement Burundais attend les orientations du Haut-commissariat des réfugiés et du des autorités rwandaises pour prendre les mesures idoines. « Le ministre attend que l’orientation lui soit donnée pour qu’il passe immédiatement à la mise en marche du train pour le rapatriement digne et légal de ces Burundais », a laissé entendre Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Des propos relayés par Sos Médias Burundi.

Kigali et HCR prêts à faciliter ce rapatriement

Pour sa part, le gouvernement rwandais se dit prêt à faciliter ce rapatriement. Le communiqué publié par le ministère de la Gestion des Urgences indique que « le Rwanda réaffirme le principe du rapatriement librement consenti en tant que solution durable pour les réfugiés, conformément au droit international et rwandais. Le Rwanda réitère son engagement en faveur de la protection des réfugiés sur son territoire et se tient prêt à faciliter le retour, en toute sécurité et dans la dignité, des réfugiés qui choisissent de rentrer chez eux, en collaboration avec le HCR et les gouvernements concernés ». Une facilitation qui aidera des citoyens burundais à regagner leur pays, après près de 5 ans de refuge.

De son côté, le Haut-commissariat des Réfugiés au Rwanda note que : « en ce qui nous concerne, nous sommes disposés à assister tout réfugié qui demande volontairement de rentrer. Nous attendons encore qu’ils le manifestent. Nous allons leur fournir des moyens pour les autres besoins nécessaires. S’ils ne se sentent plus menacés, nous allons les aider à accomplir leur souhait. C’est notre rôle », a rassuré Elise Villechalane, chargée de Communication au Haut-commissariat des Réfugiés au Rwanda.

En 2015, après la réélection de Pierre Nkurunziza, des milliers de Burundais ont fui le pays, parmi eux, près 70 000 au Rwanda où ils ont été orienté dans le  Camp des réfugiés  de Mahama, situé dans la partie sud-est du pays.