Nour, 1947 : la lumière perdue de Raharimanana

L’écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana nous invite dans  » Nour, 1947  » à l’exploration fertile et torturée de son île natale. Un livre pluriel au style incroyablement saisissant.

 » Nuit qui se déchire et qui se lacère à l’aube des lucidités, sur des paupières qui se ferment au songe « … On entre dans le livre de Jean-Luc Raharimanana comme dans un long poème. Rêve éveillé dans lequel les pensées éclatées du personnage principal se mêlent aux mythes et aux histoires de la Grande Ile.

L’arrivée des colons au XVIIIème siècle, les luttes tribales, la christianisation… L’auteur décortique l’histoire mouvementée de son île :  » Notre histoire est celle de la trahison de nos souverains. Notre histoire est celle de la cupidité de nos conquérants. Esclavage. Unification de l’île. Protectorat. Pacification. Notre histoire est celle de notre mort « .

Le narrateur est un ancien tirailleur de la deuxième guerre, écoeuré par ce qu’il a vu en Europe et torturé de n’avoir rien fait. D’avoir participé à une mécanique mortelle. De retour à Madagascar, il se refuse à obéir aux coloniaux et entre dans la rébellion. Il participe à l’insurrection malgache de 1947 et y perd son amour. Nour…

Français, langue métisse

Perdu, sans sa  » lumière « , il se réfugie dans une île abandonnée où il laisse ses pensées et la malaria ravager son être. Souvenirs d’un bonheur trop fugace, de bains de sang tenaces et d’horreurs vivaces.

Le livre de Raharimanana est sombre mais éclairé. L’écriture est plurielle, saisissante et dérangeante. Sorti en février aux éditions du Serpent à Plumes,  » Nour, 1947  » fait partie des huit nouveautés mises en avant par l’éditeur au sein d’une thématique :  » Le français, langue métisse « .

Vivant en France depuis 1989, Jean-Luc Raharimanana a publié au Serpent à Plumes deux recueils de nouvelles :  » Lucarne  » et  » Rêves sous le linceul « .

Commander le livre : Edition du Serpent à Plumes.