Non aux soldats et humanitaires qui abusent sexuellement des enfants

Save the Children publie ce mardi un rapport dans lequel elle dénonce les abus sexuels que commettent des soldats de maintien de la paix et des personnels humanitaires postés dans des zones instables ou en guerre. L’organisation britannique, qui a enquêté en Côte d’Ivoire, dans le Sud du Soudan et à Haïti, demande à la communauté internationale d’agir pour mettre fin aux violences.

Des enfants, pour certains tous justes âgés de six ans, abusés par des soldats de maintien de la paix des Nations Unies et des personnels humanitaires ou d’aide d’urgence. Le phénomène a été découvert il y a plusieurs années mais le rapport « No one to turn to » (Personne vers qui se tourner, en anglais) que Save the Children publie ce mardi rappelle que son ampleur est « significative ».

L’organisation non gouvernementale britannique a interrogé des centaines d’enfants en Côte d’Ivoire, dans le Sud du Soudan et à Haïti. Conclusion : « Cette enquête met au jour les actes ignobles d’un petit nombre de personnes qui abusent sexuellement de certains des enfants les plus vulnérables au monde, ces mêmes enfants qu’ils sont supposés protéger », a dénoncé Jasmine Whitbread, directrice générale de Save the Children au Royaume-Uni.

« Prendre le problème à bras-le-corps »

Les abus vont de du viol à la prostitution (contre de la nourriture, des téléphones portables ou des sommes d’argent n’excédant parfois pas un dollar), en passant par la pornographie. Et, bien souvent, les victimes ne rapportent pas ces violences par peur de représailles. Résultat, les coupables s’en tirent impunis.

« Ces dernières années la communauté internationale ainsi que les agences humanitaires se sont engagées à s’attaquer au problème, a souligné Jasmine Whitbread l’ONU, (…) dans la plupart des cas, les déclarations de principe et les bonnes intentions doivent encore se concrétiser par une action internationale décisive et concertée. » Et la directrice générale de conclure qu’il faut « prendre le problème à bras-le-corps ».

Le risque zéro n’existe pas

Pour Save the Children, qui a licencié en 2007 trois employés dont l’implication dans des abus a été avérée, ce travail passe par l’établissement d’un système international de surveillance chargé de gérer ces violences. Elle recommande également que les Nations Unies mettent en place un mécanisme qui permettrait aux victimes de porter plainte plus facilement au niveau local.

Les Nations Unies ont promis d’étudier de près le rapport de Save the Children. D’autant que certains personnels de ses organisations ont déjà été épinglés pour abus sexuels sur des enfants. On se souvient notamment que des casques bleus ont été accusés entre autres en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée.

L’Onu recommande depuis 2005 une politique de « tolérance zéro » à l’encontre des soldats fautifs et interdit à ses hommes d’avoir des relations sexuelles avec les locaux. Mais cela ne sera jamais assez pour éradiquer le mal, selon un porte-parole des l’organisation internationale interrogé par la BBC. Nick Birnback a expliqué qu’il était impossible aux Nations Unies de s’assurer que ses 200 000 employés à travers le monde aient une conduite exemplaire.