Nigerian Telecom aux abonnés absents

La privatisation de Nigerian Telecom a échoué. La date butoir était fixée à mercredi. Le consortium qui avait remporté l’appel d’offre et déjà avancé 130 millions de dollars en novembre dernier n’a pas pu réunir les 1,3 milliards de dollars restants pour conclure le deal.

Privatisation manquée pour la Nigerian Telecom (Nitel). La date limite était mercredi. La Investors international limited (IIL), le consortium qui avait décroché l’appel d’offre, n’a pas pu s’acquitter des 1,3 milliards de dollars restants pour devenir actionnaire majoritaire de la compagnie (51%).

Alors que le gouvernement nigérian voulait faire de Nitel un exemple, le programme national de privatisation ne pouvait pas plus mal commencer. La IIL, qui avait effectué un dépôt – non remboursable – de 130 millions de dollars en novembre dernier, avait déjà manqué une première date limite en février. Elle n’aura pas de troisième chance. Ainsi en a décidé le Bureau des entreprises publiques nigérian.

Aucun repreneur en vue

Avec une ligne téléphonique pour 250 personnes, le réseau et les infrastructures télécoms du plus peuplé des pays d’Afrique (110 millions d’habitants) reste très balbutiants. Les autorités nationales misaient beaucoup sur le privé pour développer le secteur. Avec la défection d’IIL, la situation est dans l’impasse. D’autant que les Suédois et les Coréens, en lice dans l’ancien appel d’offre, ne sont plus intéressés par le rachat de l’opérateur national.

L’assassinat du ministre de la Justice, Bola Ige, en décembre denier, n’était pas pour rassurer les éventuels investisseurs. La IIL explique n’avoir pas pu lever les fonds nécessaires en raison du contexte politique délicat qui prévaut actuellement dans le pays. Faute de mieux, la gestion de Nitel va être confiée  » à une firme télécom étrangère réputée « , dont l’Etat n’a pas encore révélé le nom. Par ailleurs, 20% du capital devraient prochainement être mis en vente sur le marché financier.