Nigeria : une dizaine de morts dans des violences religieuses

Le week-end a été particulièrement sanglant dans le Nord du pays. Les violences inter-religieuses ont couté la vie à au moins dix personnes et fait plus d’une centaine de blessés.

La tension continue de monter au Nigeria entre chrétiens et musulmans, entrainant une nouvelle montée de violence. Les hostilités ont débuté ce dimanche 28 octobre par une attaque à la voiture piégée, ayant pour cible une église catholique à Kaduna, ville située au Nord du pays. Un attentat qui a couté la vie à sept personnes. Selon plusieurs témoins, le kamikaze aurait heurté une barrière située devant l’église, avant de s’introduire, toujours à bord du véhicule, dans l’enceinte du bâtiment, provoquant une énorme explosion, dans laquelle il a perdu la vie ainsi que plusieurs fidèles présents dans les locaux au moment de l’attaque.

Des représailles meurtrières

Peu de temps après l’attentat, une multitude de jeunes chrétiens en colère munis de machettes, et de bâtons s’en sont pris à des musulmans. Ils ont roué de coup un chauffeur de taxis circulant en deux roues, avant de l’asperger d’essence et de le brûler vif. Deux autres personnes de confession musulmane ont également été tuées aux abords de l’église, sans compter les 145 blessés recensés.

La secte islamiste Boko Haram réclame l’application de la Charia

L’attentat à l’origine de cette montée de violence a été attribué à la secte islamiste Boko Haram. Au mois de juin dernier, le groupe terroriste avait déjà revendiqué trois attaques suicides dans l’Etat de Kasuma, avec toujours pour conséquences des émeutes meurtrières. Au total, depuis 2009, près de trois mille personnes ont perdu la vie dans ce conflit inter-religieux.

L’objectif de Boko Haram est d’instaurer la Charia, la loi islamique, au Nigeria, pays qui compte 16 millions d’habitants dont la moitié est musulmane. Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a lui-même récemment déclaré que la secte islamiste essayait de déclencher un conflit entre chrétiens et musulmans.

Pour autant, les forces de l’ordre ne parviennent pas à gérer la situation. Plusieurs chefs de l’Eglise évangélique se disent prêts à se défendre eux-mêmes, si rien n’est fait pour mettre un terme aux attaques sanglantes.